Le Soleil (Dakar)

Sénégal: Randonnée pittoresque sur les dunes de Lompoul

C'est un dépaysement assuré lorsqu'on arrive à Lompoul. Des dunes de sable à perte de vue et le silence. Carnet de voyage dans un univers pittoresque.

La gare routière des pompiers de Dakar n'est pas un lieu relaxant pour un européen. Il est plutôt déstabilisant, encore assis dans le taxi, de voir les chauffeurs s'attrouper autour du véhicule.

La négociation du tarif pour un « sept places » de Dakar à Lompoul peut devenir un vrai sport, si on ne sait comment s'y prendre et si on considère l'activité comme un jeu.

Le « sept places » est un concept ingénieux, mais très bizarre pour les étrangers. En effet, c'est un peu comme engager un chauffeur privé, ce qui n'est pas commun dans les pays occidentaux, même pour les gens très fortunés.

Il s'agit, en tout cas, de la manière la plus rapide pour se rendre à destination, entre les villes du pays, surtout pour un groupe déjà formé. Par contre, en bon Sénégalais d'adoption, on se doit d'essayer les autres moyens de transport. En tout, six moyens de transport différents seront utilisés pour l'aller-retour Dakar-Lompoul.

Le voyage du retour se fera en car rapide, lequel tombera en panne à mi-chemin. Après une attente d'une petite heure, les voyageurs seront transférés, sans frais, dans un autobus, mais le trajet prendra tout de même deux fois plus de temps qu'à l'aller. Ici, on ne compte pas en kilomètres, mais en heures de route.

Le long des 180 km qui séparent Dakar de Lompoul, en passant par Kébémer, le paysage est uniforme. C'est la plaine à perte de vue, parsemée de baobabs et de palmiers.

Des villages au bord de la route, les voyageurs ne verront que les femmes portant des seaux remplis de mangues jaunes, rouges et vertes. L'accessibilité et le bas prix de ce fruit ont de quoi surprendre les visiteurs.

La mangue est une denrée chère dès qu'on s'éloigne des régions productrices. Les fruits juteux et colorées, entassés aux pieds des vendeuses le long de la route, attirent le regard et excitent les papilles gustatives.

Calme et silence, loin du vacarme de la capitale

Dans le camion qui emmène les vacanciers partis de la ville de Lompoul jusqu'à la limite du désert, on se demande combien de temps on subira les conséquences de la route cahoteuse et de la mauvaise suspension du véhicule. Le paysage arboré et la route de terre laissent croire que le désert promis est encore bien loin.

Surprise, l'attente est moins longue que prévue. Les dunes de sable fin apparaissent soudainement au détour de la route et le camion commence aussitôt à avoir de la difficulté à avancer.

Le chauffeur s'arrête pour dégonfler les pneus et laisser souffler les passagers. Ils en profitent pour prendre quelques photos et admirer la vue sans être précipités de tous côtés par les soubresauts du véhicule.

Des collines de sable de couleur orange s'étendent à perte de vue sous un ciel bleu parsemé de nuages. Dans le désert de Lompoul, on réalise à quel point l'atmosphère est chaotique à Dakar.

Le trafic routier, les embouteillages et l'activité commerciale de la rue semblent bien loin, au milieu des dunes. Le visiteur émerveillé abandonne vite ses chaussures pour sentir le sable fin entre ses orteils.

Une marche solitaire dans les dunes amène bien des découvertes. Comme ces fleurs roses, produits d'une plante aux feuilles drues qui pousse à même le sable.

C'est aussi ce chien sauvage courant entre les dunes. Ici, pas de déchets sur le sol, ni de vendeurs de produits divers : que du sable.

Ce territoire vierge semble avoir été créé pour être respecté et foulé par des pieds nus. Et le silence : on entend que le vent. Quel bonheur, après le vacarme de la capitale !

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, la chaleur n'est pas accablante. La proximité de la mer amène un vent du large qui rend l'endroit plus agréable.

Les dessins laissés par cette brise dans le sable sont des œuvres d'art naturelles qu'on peut admirer en toute quiétude. Des formes ondulées, circulaires ou en ligne droite s'entremêlent et changent du orange au bleu, en passant par le marron et le gris.

Promenade à dos de chameau

Une visite dans le désert ne serait pas complète sans une promenade à dos de chameau. Peut-être que c'est un truc de touriste, mais parcourir quelques kilomètres sur la bosse d'un chameau rend l'expérience du désert encore plus vivante et magique.

Le chameau est un animal lent à l'apparence maladroite, une caractéristique appuyée par la façon dont il se lève : les pattes de derrière en premier. Cela a causé plus d'une surprise aux touristes qui ont alors l'impression qu'ils tomberont par-dessus la tête de leur monture, la tête la première dans le sable.

Mais le chameau est aussi le digne représentant de son habitat naturel. Résistant, impassible et majestueux : une fois en marche, il peut continuer sur de très longues distances. Perché sur son dos, on sent sa force.

Le désert de Lompoul est également un endroit où on découvre la culture mauritanienne. Le soir, les visiteurs peuvent déguster un dîner de couscous aux légumes et au poulet servi sur une table basse. Sous une tente à l'intérieur coloré, on s'assoit par terre, en cercle, autour du repas, pendant que le soleil disparaît.

La nuit, le désert s'anime. Un feu est allumé et les invités sont conviés autour des djembés. Pas question de s'asseoir et de regarder les locaux qui chantent et dansent, il faut participer ou alors aller se coucher. La soirée est bien entamée, mais loin d'être terminée.

Le groupe, tambours sur le dos, sort du campement et s'aventure dans le désert, uniquement éclairé par la lune. Les étrangers sont un peu inquiets à la perspective d'une promenade nocturne où tout n'est que sable.

Rien à craindre pourtant : les hôtes savent où ils vont. Ils font le même chemin chaque nuit pour rejoindre un autre campement et ainsi, doubler le nombre de chanteurs et de danseurs.

Les djembés résonnent jusqu'à tard la nuit, jusqu'à ce que les toubabs se soient dégourdis et mis à danser et à chanter. Titubant sous la fatigue, le groupe retourne alors sous les tentes, heureux d'être guidés à la lumière de la lune.

La nuit est courte, mais si on ne veut pas manquer le lever du soleil, il faut se lever de bonne heure. Malheureusement, un ciel lourd de nuages peut faire obstacle à ce classique du camping dans le désert.

Le soleil ne se montrera que quelques heures plus tard, lorsque les nuages se seront dissipés. L'heure du retour à Dakar sonne. Un dernier regard vers le désert avant les longues heures de transport confirme ce qu'on sait déjà : les dunes seront toujours là lors de la prochaine visite.

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