Lors d'une rencontre avec la presse ce jeudi 12 juillet, Dr. Morlaye Camara, président de la Fondation pour l'Assistance et l'Insertion sociale des Albinos (FONDASIA) a vigoureusement condamné les discriminations dont font l'objet quotidiennement les albinos, y compris dans l'administration: " Personnellement, j'ai du changer quatre fois d'affectation depuis mon engagement dans la fonction publique, tout cela parce que certains ne supportent pas de travailler avec moi."
Selon Monsieur Camara les établissements scolaires ne sont pas en marge de cette pratique peu humaine : "Actuellement dans nos écoles, certains parents interdisent à leurs enfants de s'asseoir à la même table qu'un enfant albinos sous prétexte que les albinos possèderaient des forces maléfiques nuisibles pour la société. Personne ne supporte l'exclusion, nous sommes des êtres humains comme vous, sauf que nous présentons des insuffisances de production de mélanine. [Ndlr. Les mélanines sont parmi les principaux pigments responsables de la coloration de la peau.]"
Il s'est ensuite interrogé sur les causes de la lenteur de l'approbation d'un projet de loi qu'il a déposé comme membre du CNT en 2010 pour condamner cette discrimination:" C'est parce que nous sommes des albinos, un point, c'est tout. S'il s'agissait d'un projet de loi qui prévoyait de donner des milliards aux membres, il aurait été approuvé depuis longtemps. On me dit de le soumettre à une commission pour l'étudier. Je l'ai fait ! Jusqu'à présent, c'est lettre morte » a-t-il déploré.
Sur le continent, les assassinats des albinos ont pris une allure inquiétante, le Burundi et la Tanzanie sont les plus touchés par le fléau. En Guinée, le corps d'un albinos mutilé avait été retrouvé dans un quartier de Conakry en septembre 2010 pendant les élections présidentielles. Jusqu'à présent, les criminels courent toujours.
Comments Post a comment