A la fin du 17e forum des chefs d'Etat, le Secrétaire permanent du Mécanisme africain d'évaluation par les pairs (SP/MAEP), Jean Baptiste Natama, donne sa lecture des conclusions de la rencontre. Il se prononce également sur la situation au Burkina Faso.
En tant que secrétaire permanent du Mécanisme africain d'évaluation par les pairs (MAEP), que retenez-vous des échanges du forum des chefs d'Etat en marge du 19e sommet de l'Union africaine ?
Le 17e forum des chefs d'Etat du Mécanisme africain d'évaluation par les pairs (MAEP) avait en son ordre du jour, la signature de l'adhésion du Niger au Mécanisme. Ensuite, le forum a examiné les rapports d'étapes de mise en oeuvre des programmes d'actions nationaux de certains pays dont le Burkina Faso. Le forum a pris note des progrès réalisés par notre pays en matière de promotion de la bonne gouvernance et de mise en oeuvre des recommandations et du programme d'actions national issus de l'évaluation du Burkina Faso.
Les pairs ont écouté le président du Faso leur faire le point sur les progrès réalisés en matière de gouvernance politique, notamment les réformes en cours dans notre pays, mais également les réformes au plan économique avec la mise en place de la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD).
Le chef de l'Etat a aussi parlé des défis que le Burkina Faso rencontrait dans certains secteurs comme celui de l'exploitation minière. Les pairs ont trouvé que le Burkina Faso a fait des efforts et certains ont même promis d'accompagner notre pays dans ses actions. C'est le cas de l'Afrique du Sud qui a une grande expérience dans le domaine minier et de l'Algérie, un pays producteur de pétrole qui dispose de capacités de formation dans l'exploitation minière et pétrolifère.
Récemment, vous avez sillonné un ensemble de régions du Burkina Faso en vue d'expliquer le processus du MAEP. Avez-vous le sentiment que le Mécanisme est bien compris et adopté par les populations ?
Nous avons le sentiment que le Mécanisme est bien compris dans la mesure où les citoyennes et citoyens du Burkina Faso que nous avons eu l'occasion de rencontrer lors de cette première partie de nos tournées à l'intérieur du pays, nous ont exprimé tout leur intérêt et surtout leur compréhension des concepts qu'il y a derrière les notions de bonne gouvernance. Beaucoup d'entre eux ont pris l'engagement de changer d'attitude et de comportement.
Ils ont décidé d'adapter leur comportement aux valeurs que nous sommes en train de promouvoir. Nous sommes convaincus que c'est un travail qui va porter des fruits à terme. Nous avons cette conviction en ce sens que chacun de ceux qui ont eu l'occasion de nous écouter, devient de ce fait, un ambassadeur qui va faire la promotion de ces valeurs-là. Nous avons l'espoir de couvrir le reste du pays en attente de nous recevoir dans le cadre de nos tournées d'information et de sensibilisation.
Vous avez fait tantôt, mention du Niger qui va bientôt rejoindre le MAEP. Quelles sont les modalités pour qu'un Etat fasse partie de l'institution ?
Le gouvernement nigérien devait exprimer son intention d'adhérer en adressant une correspondance au président du forum. Ce qui a été fait. Celui-ci a instruit le secrétariat exécutif qui a préparé un mémorandum d'entente qu'il convenait de signer. C'est ce mémorandum que le Niger a signé aujourd'hui (Ndlr : samedi 14 juillet 2012).
Que gagne un pays en adhérant au MAEP ?
L'intérêt pour le Niger, par exemple, d'adhérer au Mécanisme africain d'évaluation par les pairs est qu'il a une opportunité de pouvoir soumettre son pays à l'évaluation externe. C'est-à-dire, soumettre son pays à un regard extérieur d'aider les Nigériens à identifier les forces et les faiblesses de leur système de gouvernance de manière à ce qu'ils puissent corriger les insuffisances et partager avec les autres, les expériences réussies. Nous estimons que c'est très important pour un pays d'adhérer au Mécanisme dans la mesure où celui-ci permet d'asseoir surtout des conditions pour un dialogue social.
Pourtant tout le monde sait que le dialogue social est fondamental car c'est dans ce cadre qu'on peut amener les populations à comprendre quelles sont les contraintes des gouvernants qui à leur tour, peuvent comprendre les préoccupations, les besoins et les priorités des gouvernés. Dans ce sens, le Mécanisme joue un rôle très important et il faut appeler les pays qui hésitent encore, à y adhérer. Certains pays ont annoncé leurs intentions de venir au MAEP. Il s'agit du Cap- Vert, de la Guinée Equatoriale, du Tchad et de la Tunisie.
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