L'Observateur Paalga (Ouagadougou)

Togo: Violation du domicile de Jean-Pierre Fabre - Les lampistes vont payer

Chasser le naturel, il revient toujours au galop, surtout en politique. La preuve, le Togo de Faure Gnassingbé est en train de revenir sur les pas de son défunt de père, Eyadéma. Voici les faits : le 14 juillet 2012, alors qu'il se rendait à une manifestation publique du FRAC (Front républicain pour l'alternance et le changement), le leader de l'ANC (l'Alliance nationale pour le changement), Jean-Pierre Fabre, avait été pris en chasse par des éléments de la police nationale jusqu'à son domicile ; non contents de cela les forces de l'ordre se sont rendues coupables de barbarie et ont lancé des grenades lacrymogènes, qui ont brisé des portes. Pire, des personnes rencontrées sur les lieux ont été froidement passées à tabac.

Comme en pareilles circonstances, on a commencé par tout nier en bloc, aussi bien au niveau des exécutants de cette basse besogne que leurs supérieurs hiérarchiques. Mais face aux conclusions de l'enquête qui a été menée et avec les recoupements, on s'est ravisé : il est clairement établi que le domicile du président de l'ANC a été l'objet d'une descente musclée, et 4 policiers identifiés sont tenus pour responsables de cette forfaiture.

Qu'est-ce qui peut bien justifier cette barbarie ? Faure est-il décidé à casser de l'opposant ? Tout porte à le croire. Car ayant presque réduit au silence la quasi-totalité des partis de l'opposition, il faut maintenant les bâillonner physiquement. Autant dire que le régime d'exception de feu Eyadéma refait surface, avec son corollaire d'exactions et de violences. Et comme on le sait, l'ANC demeure la vraie opposition au parti au pouvoir.

On se rappelle d'ailleurs que ses députés avaient été chassés de l'Assemblée nationale pour divergence dans la création d'un groupe parlementaire.

Il est donc temps que Faure civilise sa gouvernance et qu'il se démarque de la barbarie et de cette façon de museler son peuple. Il est vrai que le ministre de la Sécurité a reconnu la responsabilité des policiers et promis de sévir, soit ; mais ces pauvres policiers ne sont que des lampistes qu'on va sacrifier.

Ils n'ont tout de même pas agi de leur propre chef ! Mais dommage pour eux, ils ne sont que les dindons de la farce. Mais bon, que voulez-vous, bonnes gens. Il faut déjà saluer le fait que l'on ait reconnu la culpabilité des agresseurs. Car en d'autres temps et en d'autres lieux, on dirait simplement «on te fait et il n'y a rien». Espérons que le Togo ne s'arrêtera pas en si bon chemin, vu que le droit de manifester est un droit légal et autorisé au nom de la démocratie.

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