Après 9 mois de captivité dans le Sahel, aux mains du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO), le couple espagnol, Enric Gonyalons et Ainhoa Fernandez et l'italienne Rossella Urru, sont libres.
Les trois Européens sont arrivés à la base aérienne de Ouagadougou, le 19 juillet 2012, où les attendaient deux avions pour les embarquer, destination, leurs pays. Les otages sont arrivés en compagnie des négociateurs burkinabè qui ont facilité leur libération, parmi eux, le chef d'état-major particulier de la présidence du Faso, le général de brigade, Gilbert Diendéré.
« Nous voulons seulement remercier le Burkina Faso. Merci beaucoup Burkina Faso pour notre libération », tels ont été les propos de la porte-parole des trois otages, l'italienne Rossella Urru, à sa descente d'avion. Plus rien ! Est-ce l'émotion ? La fatigue ? Le respect des consignes ? Ou la peur des journalistes qui ont envahi la base aérienne, une heure de temps, avant l'atterrissage de l'avion qui amenait les trois otages européens, le couple espagnol, Enric Gonyalons et Ainhoa Fernandez et l'italienne Rossella Urru.
En tous les cas, les trois otages venus du Nord-Mali, avaient l'air fatigué, amaigri, mais heureux d'avoir retrouvé leur liberté. Cela se comprend ! Ils ont passé neuf mois dans le désert, à la merci de leurs ravisseurs. En effet, les deux coopérants espagnols, Enric Gonyalons et Ainhoa Fernandez, ainsi que Rossella Urru, avaient été enlevés, le 23 octobre 2011, près de Tindouf, région du fief des indépendantistes sahraouis du Front Polisario.
Mais comment s'est déroulée la libération ? A écouter le général de brigade, Gilbert Diendéré, trouvé au pied de l'avion qui a ramené les otages, l'on se rend vite compte qu'il était de la mission. Il a vécu les péripéties de « l'expédition », et il donne quelques éléments d'informations. Selon lui, les deux femmes étaient libres depuis le 18 juillet 2012. Seulement, poursuit-il : « le monsieur est arrivé tôt ce matin : (NDLR : 19 juillet 2012).
La météo était très mauvaise, ce qui fait qu'on ne pouvait pas décoller, même s'il était arrivé hier : (NDLR : 18 juillet 2012). On a dû dormir sous la pluie, en plein air, sous les étoiles et décoller ce matin, après l'arrivée du monsieur ». Ya-t-il eu une contre-partie pour la libération des otages ? A cette question, le général Diendéré répond sans détour : « Bien sûr, il y a eu une contre-partie. C'était libération contre libération ». Mais il refuse d'entendre parler de rançon.
Enric Gonyalons se remet de ses blessures...
Ainsi, quand les hommes de médias ont cherché à savoir si des rançon ont été payées, le général Diendéré nie en bloc : « Non, ça, ce n'est pas confirmé. Nous ne savons pas. Nous, nous ne rentrons pas dans les problèmes de rançon. C'est entre eux et les gens directement. Nous, nous ne gérons pas les histoires de rançon ».
N'empêche, Mohamed Ould Hicham, un dirigeant du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO), allié d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), mouvement qui a enlevé les trois otages, le 23 octobre 2011, a affirmé que ces libérations avaient été obtenues en échange de celles de trois prisonniers islamistes "dans un pays musulman" qu'il n'a pas cité et du paiement d'une rançon dont il n'a pas donné le montant. Selon des sources, les otages ont été libérés non loin de Gao (nord-est du Mali) et remis à une délégation du Burkina Faso. Parlant des conditions de vie des otages pendant les 9 mois de calvaire, le général Diendéré a révélé qu'ils étaient séparés.
« Les deux femmes étaient ensemble et l'homme était ailleurs. On les a séparés depuis cinq mois », précise-t-il. Mais le séjour forcé au Sahel ne sait pas tout à fait bien passé pour les trois otages, l'un d'eux, Enric Gonyalons, a failli être tué. Et pour cause, explique Gilbert Diendéré, « un Moudjahidine a tiré sur lui de façon délibérée, depuis le début de la prise d'otagse. Il boiîee un peu, mais il s'est remis. C'est le garçon ».
Avant leur arrivée à Ouagadougou, tout était fin prêt pour le transfert des otages dans leur pays d'origine. En effet, deux avions, spécialement affrétés, étaient prêts, pour embarquer, l'un, Enric Gonyalons et Ainhao Fernandez, le couple espagnol pour l'Espagne et l'autre, Rossella Urru, l'italienne, pour l'Italie. Le général Diendéré a confirmé que des Béninois ont été libérés en Mauritanie : « Nous avons emmené l'un d'eux directement à Gao. Il a été libéré », souligne-t-il. Quant aux sept otages français dans le Sahel, le général Diendéré a été catégorique : « On n'a pas de nouvelles des otages français. Pas de nouvelles ! ».
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