Le Pays (Ouagadougou)

Burkina Faso: Apiou K. Neyaga - «Nous souhaitons une augmentation du prix du pain »

La Fédération burkinabè des patrons de boulangeries, pâtisseries et confiseries (FBPBPC) créée en 2012 a tenu sa toute première assemblée générale le vendredi 20 juillet 2012 à Ouagadougou. En marge de celle - ci, une conférence de presse a été animée par les premiers responsables de la structure. Objectif : donner toutes les informations relatives à leurs activités.

Créée en janvier 2012, la Fédération burkinabè des patrons de boulangeries, pâtisseries et confiseries (FBPBPC) a rencontré les hommes de médias le 20 juillet dernier à Ouagadougou. Objectif : évoquer avec ces derniers les préoccupations qui minent le secteur. Le président de cette structure, Apiou K. Neyaga, n'est pas passé par quatre chemins pour décrier les conditions difficiles de leur métier. Apiou K. Neyaga a déploré le quasi monopole de fait de certaines boulangeries de la place. Pour lui, ce monopole a été favorisé par l'Etat.

Il faut ajouter à cela l'inorganisation du secteur. « La boulangerie ne se porte bien au Burkina », affirme Apiou K. Neyaga. Il justifie cela par le fait que depuis 2007, le prix du pain n'a pas connu de hausse, soit 130 F CFA la baguette. Pour lui, ce prix statique ne permet pas aux boulangers de faire des bénéfices. Car, dit-il, qu'à part, l'eau et l'électricité, tous les ingrédients qui concourent à la fabrication du pain sont importés. Pour les conférenciers, les prix de ces produits importés sont chers.

En exemple, ils citent le fait que la tonne de farine qui coûtait en 2007 240 000 F CFA se vend aujourd'hui à 410 000 F CFA, sans compter le transport. Or, disent-ils, la farine compte pour 59% dans la fabrication du pain. Pour eux, il est impératif que l'Etat assainisse le secteur en créant de meilleures conditions de travail pour les boulangers. « Nous voulons concourir dans des conditions justes, équitables et cela dans un cadre juridique favorable », a souligné Apiou K. Neyaga.

« Nous souhaitons une augmentation du prix du pain », a souligné Apiou K. Neyaga. Ce dernier poursuit que cette augmentation du prix du pain doit être faite de concert avec le ministère en charge du commerce. Sans donner le prix, ces derniers prennent en exemple le cas du Niger, de la Côte d'Ivoire où le pain de 200 grammes coûte 200 F CFA et le Mali puis le Togo où le pain est vendu à 180 F CFA. Ce qui n'est pas le cas dans notre pays où le pain de 200 grammes est vendu à 150 F CFA et celui de 180 grammes à 130 F CFA.

Ils ajoutent que dans les 130 F CFA, les boulangers ne gagnent en réalité que 90 F CFA et les 40 F CFA restants sont redistribués aux clients revendeurs. Pour eux, la boulangerie est un secteur énormément porteur en ce sens qu'elle crée des emplois et permet ainsi à de nombreuses familles d'avoir des revenus. Pour cela, les patrons des boulangeries demandent que l'Etat leur accorde des facilités pour l'épanouissement du secteur au même titre que les autres secteurs d'activité. Ils justifient cela par le fait que l'Etat considère le pain comme un bien de grande consommation. Pour eux, tout augmente sauf le pain. « Pourquoi faire du pain un produit à part » ?

Apiou K. Neyaga poursuit que si rien n'est fait d'ici là, l'Etat va étouffer le secteur. « On ne peut pas, sous prétexte de défendre le consommateur, tuer la profession », a -t-il fait savoir. Apiou K. Neyaga a conclu par des propositions à l'endroit de l'Etat. Il s'agit de la réorganisation du secteur, de l'examen de l'aide - mémoire qui a été transmis au ministère en charge du commerce, de l'examen de la convention collective qui existe depuis 1971 mais qui n'a jamais été appliquée et la suppression de la TVA de 18% sur les produits importés.

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