L'Express (Port Louis)

Ile Maurice: Ramesh Santokhee célébre ses 50 ans de musique

Il a débuté tout jeune dans la musique et son parcours dans ce domaine a été riche et fructueux. Hier (dimanche 22 juillet 2012), Ramesh Santokhee a organisé une fête culturelle dans son village natal, Petit-Raffray, pour célébrer ses 50 ans dans le domaine de la musique. Pour fêter cet événement il a lancé un CD.

Déjà l'âge de huit-neuf ans, le petit Ramesh, étant arya samajiste, fréquente le baïtka. Il fait ses premières gammes dans la musique classique. Très vite il remarque qu'il est doué dans ce domaine et il va apprendre à jouer du sitar et le chant à l'Institut Mahatma Gandhi pendant cinq ans.

Ayant obtenu son diplôme, il met le cap sur l'Inde et atterrit au studio de Zee-TV, chaîne qui vient d'être lancée à Bombay. Il fait sortir une cassette avec huit chansons et les musiciens chevronnés indiens lui disent que si une de ses chansons est retenue par une maison de disques, ce serait déjà un grand pas en avant. Néanmoins, il aurait eu à attendre encore un an et, comme le coût de son séjour commençait à devenir trop cher, il rentra à Maurice.

Par la suite, il prend un cours par correspondance qui sera sanctionné par une licence (Bachelor of Arts). En i982, c'est l'ère du grand changement.

Le nouveau ministre des Arts et de la Culture, Rama Poonoosamy et le directeur de la télévision, Gaëtan Essoo font appel à lui ainsi qu'à d'autres artistes pour revaloriser les chansons en bhojpuri.

Ramesh Santokhee avait un groupe et c'était le premier à donner des représentations dans les hôtels. C'est au Club Med qu'il ira en premier lieu.

«On avait l'habitude de présenter des ségatiers aux touristes et on avait l'intention de présenter aussi les chansons en bhopuri et en hindi. Moi, je chantais mes propres compositions». C'était également l'occasion à des touristes de porter le saree ou le kurta.

Ramesh Santokhee a eu l'occasion d'offrir ses services au ministère des Arts et de la Culture quand Armoogum Parsuramen occupait ce portefeuille. Avec Nand Kishore et Siven Chinien, il aidait à organiser des compétitions d'art dramatique.

Le musicien a donné plusieurs représentations à Maurice et il garde un bon souvenir de l'une d'elles qui s'était tenue au stade de Rose-Hill en présence de plusieurs milliers de spectateurs.

La carrière de Ramesh allait connaître un coup d'éclat quand il est appelé à enseigner la musique dans des écoles en Afrique du Sud. Il a travaillé en étroite collaboration avec le ministère des Arts et de la Culture de ce pays et il a été dans plusieurs grandes villes pour l'enseignement de la musique à des écoliers et à des étudiants. «Je recevais un traitement de VIP en Afrique du Sud et j'étais très bien payé».

De retour à Maurice il va travailler au collège Basdeo Bissoondoyal à Centre-de-Flacq. «Je donnais des leçons à l'épouse du directeur, Ramnath Jeetah, et plus tard, j'ai été recruté pour travailler dans cette institution». Après sa retraite, il consacre plus de temps à donner des leçons chez lui. Il compte quelque 30 élèves.

Ramesh Santokhee compte promouvoir la musique aussi longtemps que possible. Toutefois il trouve dommage que les artistes mauriciens n'aient pas l'occasion de se faire entendre chez nous.

«Je n'ai rien contre les institutions qui font venir des artistes étrangers, mais elles auraient pu donner l'occasion aux Mauriciens de montrer de quoi ils sont capables». Ramesh Santokhee a aujourd'hui, la responsabilité de former des pandits et des panditas à mieux travailler leur voix pour réciter des versets religieux.

Le musicien a un fils qui, après des études d'informatique en Angleterre, est retourné travailler à Maurice alors que sa fille travaille en Namibie.

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