Photo: Daily Nation Plus de dix ans après le début de leur application, les traitements antirétroviraux se heurtent à une résistance croissante dans plusieurs régions d'Afrique, selon une étude publiée hier lundi. Au Sénégal, sur un groupe de 100 patients atteints du Vih/Sida les 12% développent des résistances aux antirétroviraux. C'est du moins ce qu'avaient révélé les résultats d'une enquête réalisée sur cinq ans et qui avait nécessité à ce que les malades soient inscrits à un traitement de deuxième ligne .
Le traitement des ARV a-t-il connu un échec ? L'explication qui ressort d'une étude parue dans la revue médicale britannique The Lancet a révèlé que la résistance augmente d'une rapidité croissante en Afrique orientale et australe, alors qu'elle n'a pas évolué en Amérique latine ou dans le reste de l'Afrique. La même étude précise également qu'en Afrique orientale, la résistance a cru au rythme de 29% par an pour atteindre une prévalence de 7,4% au bout de 8 ans contre 1% seulement au départ.
La multiplication des cas de résistances en Afrique australe a atteint également une croissance de 14% par an, avec une prévalence passant de 1% à 3% au bout de six ans. La même source révèle en outre que les taux de prévalence de 3,5% à 7,6% sont en revanche restés stables en Amérique du sud et dans le reste de l'Afrique. Les données de cette étude, selon toujours The Lancet sont portées sur 26.000 personnes âgées de plus de 15 ans.
Ce qui est grave dans cette problématique, c'est que cas de résistances "pourrait menacer une tendance à la baisse des décès et des pathologies liées au sida au cours de la décennie écoulée dans les pays à bas et moyens revenus", a averti Silvia Bertagnolia, de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et Ravindra Gupta de l'University College de Londres qui ont conduit l'étude financée par la Fondation Melinda Gates et l'Union européenne. Mais les deux chercheurs estiment également qu'en dépit de leur augmentation, les nouvelles données "ne sont pas surprenantes si on tient compte de l'énorme expansion des traitements antirétroviraux dans les pays à bas et moyens revenus".
D'après les derniers chiffres publiés récemment par l'Onusida, 8 millions de personnes ont reçu des traitements antirétroviraux dans les pays en développement en 2011, soit 26 fois plus qu'en 2003. Ce résultat a permis de baisser fortement le nombre de décès dans ces pays où vivent 90% des personnes séropositives et où se produisent 97% des nouvelles infections dans le monde.
Pour enrayer le phénomène, les chercheurs invitent les pays concernés à mieux surveiller les cas de résistance et établir des circuits d'approvisionnement sûrs pour éviter les ruptures de stock et les interruptions de traitements qui entretiennent la résistance.

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