Coordinatrice de la Plate-forme de la société civile pour l'enfance, elle livre son inquiétude sur la dégradation de la situation sociale et celle des associations s'occupant des vulnérables.
• Pourquoi la plate-forme tire-t-elle brusquement la sonnette d'alarme, alors que des ONG ont pu toujours fonctionner sans l'appui de l'État ?
- La réalité est que beaucoup de projets n'ont plus été renouvelés. Et d'autres ont enregistré une réduction significative de financement. Aussi, depuis la crise politique de 2009, seule la moitié de financement a été obtenue. Ce sont les petites associations qui ont été frappées de plein fouet par cette baisse. Mais les grandes associations et ONG ont pu toujours survivre grâce aux appuis financiers de leurs filiales à l'étranger. Elles peuvent également demander des appuis financiers dans le cadre d'un grand projet d'insertion sociale à l'Union européenne ou à l'Agence française de développement.
• Mais pourquoi les petites associations ne peuvent-elles pas accéder à ces grands financements ?
- C'est une question de structure. Les petites associations fonctionnent toujours grâce à des financements locaux, comme l'appui des clubs de service. Des grandes ONG locales connaissent également cette situation. Car ce sont leurs filiales à l'étranger qui soumettent le projet à l'Union européenne ou à d'autres pays, les ONG locales ne font, ensuite, que gérer le financement obtenu.
• Certaines associations ne font-elles pas seulement qu'entretenir la pauvreté, vu que la situation ne connait pas d'amélioration, la troisième génération des enfants des rues est déjà dans nos murs ?
- Cette réaction est normale. Mais l'appui aux enfants des rues et défavorisés doit être traité transversalement. La situation socio-économique à Madagascar connait une dégradation au fil des jours. Le taux de pauvreté des Malgaches connait ainsi une hausse. Les enfants des rues envahissent nos quartiers. Les gens ne connaissent que les associations et ONG pour résoudre ce problème. Mais ces derniers souffrent également de cette réduction de financement. Un secrétaire général d'un ministère a avancé aussi cette même remarque. Mais il existe un problème social à Madagascar. Il faut le résoudre. Mais l'État est quasiment absent sur le terrain. Il faut ainsi mettre une politique de protection sociale dans le plus bref délai pour éviter une crise humanitaire.
• Avez-vous des suggestions pour éviter cette crise humanitaire ?
- L'objectif doit se tourner tout d'abord vers le maintien des activités en place pour que des milliers d'enfants sauvés dans les centres ne soient pas abandonnés. Et les problèmes sociaux doivent être mis au devant de la scène pour que l'État, les bailleurs, et tous ceux qui sont convaincus aident les gens des rues.
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