Kinshasa — Une nécessité ! La situation financière des entreprises publiques congolaises, de façon générale, n'est guère enviable depuis des décennies. Celles-ci donnent des apparences reluisantes, en raison certainement d'un coup de pinceau externe et interne donné ça et là sur et dans des immeubles qui les abritent.
Or, cela n'est qu'une face cachée de l'iceberg. En réalité, elles sont pour la plupart des tombeaux blanchis et ce, depuis que le dernier Maréchal Président noir d'Afrique, Mobutu Sese Seko, eut imaginé malencontreusement de les déposséder des mains de certains expatriés par la zaïrianisation. Hormis quelques années de trompe l'oeil de bonne gestion, les pillages intervenus durant la décennie 90 ont donné un coup de massues, avec ce que cela a entraîné comme conséquences dans la vie des employés et leurs familles respectives.
Soit ! Faudrait-il laisser les choses en l'état ? Non, des tentatives de redressement se sont soldées par des échecs cuisants, au point que l'option levée par le Gouvernement fut carrément leur mutation en sociétés commerciales, de façon à les rendre plus compétitives. Là aussi, c'est à pas de tortue que le processus évolue, comme si de la volonté des dirigeants de ces entreprises transformées, l'atavisme de la gestion opaque fait la règle.
Alors, faut-il garder intact le cordon ombilical et voir ces unités de productions sombrer allègrement dans le marasme, comme si la cécité avait frappé tout le monde ? Marie-Louise Munga, Ministre du Portefeuille, n'en veut pas et ne veut rien entendre de tel. Au nom du Gouvernement, elle vient d'initier des audits dans trois entreprises : Lac, RVA et Cohydro. Ils sont nécessaires, ces audits, pour vérifier la traçabilité et la bonne gestion de ces sociétés, en vue de permettre une croissance économique efficiente. Mais, le problème, c'est le résultat attendu.
D'abord, se rassurer si ces entreprises dressent leurs états financiers chaque année. C'est non sans raison. Il a été démontré, lors des séances d'évaluation menées par le Copirep, dans le cadre du processus de transformation, notamment sur la fixation du capital social des entreprises, que nombre d'elles ont péché, dans la gestion, par l'absence d'établissement de ces états financiers. Ce qui peut compliquer sérieusement la tâche des auditeurs.
Ensuite, ce sont des audits qui se terminent sans suite, même en cas de mégestion avéré. Enfin, c'est parfois des auditeurs complaisants, parce qu'intéressés, qui sont malheureusement déployés, faute de connaître leur moralité Le passé est disert à ce point. Au tant dire que l'heure est donc venue pour que les responsables d'entreprises, par ce mode de contrôle, ressentent que le pays est véritablement engagé dans la révolution de la modernité.
Cela suppose que des sanctions, positives tout comme négatives, soient d'applications strictes. Bien plus, il n'est point question de commencer pour s'arrêter en si bon chemin. Il faut mener l'opération jusqu'au bout et dans toutes les entreprises. La Bible ne dit-elle pas que vaut mieux la fin d'une chose que son commencement ?
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