Même si les exportations sénégalaises de fruits et légumes ont considérablement augmenté ces dernières années (54 mille tonnes en 2011), les produits font face à de sérieux problèmes aux postes de contrôle des différents marchés européens, notamment.
Ce, à cause du non-respect de la Norme internationale pour les mesures phytosanitaires n° 15 (Nimp 15), adoptée en 2006 et révisée en 2009. Cette norme relative à la réglementation des matériaux d'emballages à base de bois a pour objectif de réduire la dissémination d'organismes nuisibles lors des transports de ces emballages, en imposant un traitement qui donne lieu à un marquage de l'emballage. Le bois, qui est beaucoup utilisé dans le commerce international pour le transport de produit, est, en effet, un véhicule de transmission d'insectes. Ce qui fait que les pays occidentaux sont très vigilants sur le transfert de nuisible via le bois.
Pour faire face à cette contrainte, le Programme qualité de l'Uemoa (Phase 2), en collaboration avec Direction de la protection des végétaux (Dpv) et l'Association sénégalaise de normalisation (Asn) veut sensibiliser les acteurs de l'agro-industrie sur l'application de cette norme afin de leur éviter des désagréments. «La mise en œuvre des Nimp répond du souci de nos États de renforcer le management de la qualité, de préserver les végétaux et produits et de garantir l'innocuité de nos produits sur le marché», dit le Conseiller technique du ministre de l'Agriculture et l'équipement rural, venu présider l'ouverture de cet atelier.
Qui pense, néanmoins, que la responsabilité primaire de maîtriser la qualité et la sécurité des produits commercialisés incombe d'abord aux opérateurs privés. Car, dit-il, pour réussir à établir des partenariats d'affaires durables et profitables, il est de la responsabilité des professionnels de satisfaire à la fois aux obligations réglementaires des marchés, en matière sanitaire et phytosanitaire (Sps) et aux exigences commerciales des acheteurs. «Les marchés de destination vont durcir le ton.
Quand la marchandise est transportée avec des palettes non traitées, la marchandise est détruite. Et c'est ce risque-là que nous voulons éviter. C'est pourquoi, nous voulons que le Sénégal se mette à niveau par rapport à cette norme», déclare Cheikh Ngane, président de la Coopérative fédérative des acteurs de l'horticulture du Sénégal. Abdoulaye Ndiaye, chef de la Division Législation Phytosanitaire et quarantaine des plantes à la Dpv, indique, lui, que 80 % des notifications d'interception de nos produits sur le marché international proviennent de la non application de cette norme.
«Avant le produit passait, mais maintenant, la norme est devenue contraignante. Le produit ne passe plus. Nous voulons rendre cette norme obligatoire. Une norme est d'application volontaire mais nous, nous voulons la rendre obligatoire pour tous les opérateurs», dit-il. Mais, Cheikh Ngane fait remarquer que le problème réside dans le manque d'usines de traitement de ces palettes au Sénégal. «Il n'y en a que trois dans le privé. Et c'est largement insuffisant», soutient-il.
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