Horrible mort que celle de ce couple, amené hors du village et placé dans un trou d'où seul émergeait le haut de leur corps avant d'être lapidé par des islamistes jusqu'à ce que mort s'ensuive le dimanche 29 juillet 2012. Et ce, sous le regard médusé de 200 personnes. Leur crime pour mériter un tel «châtiment» ? Avoir eu des enfants hors mariage.
Ce premier cas de mort par lapidation rapporté dans le nord du Mali, où les fous de Dieu confortent progressivement leur emprise, est une nouvelle étape de franchie dans l'horreur dans cette partie que contrôlent depuis quatre mois déjà des groupes islamistes armés.
Au lendemain du meurtre de ce couple considéré «haram», une délégation du Haut Conseil islamique (HCI) du Mali, partie de Bamako, conduite par son président, Mahmoud Diko, est arrivée dans cette partie septentrionale avec, pour mission, d'engager des négociations avec les maîtres des lieux.
Autant la lapidation meurtrière est à condamner, autant cette initiative du HCI qui, en plus, n'y est pas allé les mains vides en ce mois de Ramadan, est à saluer, car on a justement toujours déploré le silence assourdissant de certaines hautes autorités religieuses maliennes face aux exactions de ces fous d'Allah.
Force est de reconnaître que le Haut Conseil islamique, qui est actuellement l'une des institutions qui tient encore debout au Mali, apparaît comme le «médiateur» qui sied le mieux avec les groupes islamistes.
On se souvient en effet qu'en mai dernier, le HCI avait obtenu la libération sans contrepartie de 160 militaires de l'armée régulière, faits prisonniers dans le nord du Mali, qui lui avaient été remis par Ansar Dine.
Il y a donc un minimum confessionnel entre le leader du groupe islamique, Iyad Ag Ghali, et le président du HCI, Mahmoud Diko, qui devrait peser dans la balance pour mener à bien les négociations.
Reste à savoir si cela suffira pour que l'appel à la raison soit entendu par ces extrémistes. Une chose est sûre : même si, pour certains, négocier avec ces islamistes équivaut à jouer à un jeu dangereux, il faut impérativement s'y risquer. Il y va de l'avenir du Mali et, partant, de la sous-région.
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