Les experts ont travaillé à huis-clos sans la moindre fuite d'information
Le calendrier électoral définitif est attendu à Alarobia, cet après-midi. Les dates présentées seraient toutefois conditionnées par l'évolution du contexte politique.
«À100%». C'est la garantie donnée par les responsables concernés de publier un calendrier électoral officiel cet après-midi à Alarobia, siège de la Commission électorale nationale indépendante pour la Transition (CENIT). Un calendrier électoral devra finalement sortir après plusieurs mois de gestation, autant par les experts et techniciens locaux de la commission chargée de l'organisation technique des élections que par leurs homologues étrangers mandatés par la Communauté internationale.
Ce calendrier serait toutefois sujet à quelques particularités, principalement par sa capacité à se rendre invalide et obsolète en cas de participation aux élections d'Andry Rajoelina et/ou de Marc Ravalomanana, respectivement président de la Transition et ex-président de la République.
La CENIT, sa présidente Béatrice Atallah surtout, a souligné hier que le calendrier électoral ne devrait pas obligatoirement tenir compte du contexte et des tractations politiques en cours. « Ce sont deux aspects différents, d'un côté le technique qui est l'affaire de la CENIT et des experts électoraux, de l'autre la politique avec les tractations qui ont cours actuellement avec la Troïka et la SADC», a-t-elle expliqué.
Une base précise
Elle a également rappelé que les experts de la Communauté internationale, principalement ceux des Nations unies, ont collaboré dans la détermination des dates à officialiser cet après-midi.
Pourtant dans son dernier rapport, les experts des Nations unies ont planché sur un calendrier élaboré à partir d'une base précise, à savoir un accord préalable entre les deux personnalités qualifiées d'être les principaux acteurs de la crise. De même, le report de la réunion d'évaluation à mi-parcours des réalisations de la CENIT, hier au Centre de conférences international d'Ivato, entre également dans ce sens. Des sources avisées avancent que cette réunion de deux jours à Ivato, prévue se tenir auparavant le 24 juillet, a été décalée de presque une semaine pour profiter de la réunion entre les deux personnalités aux Seychelles.
Le risque d'un clash est ainsi palpable, rendant le calendrier très fragile dans le sens où la participation de l'un ou de l'autre, probablement aux présidentielles, pourrait tout remettre en cause. Ces sources avisées indiquent également que l'objectif des rencontres entre l'actuel et l'ex-chef de l'État ne viserait ni plus ni moins qu'à confirmer leur non participation aux scrutins.
Andry Rajoelina, numéro un du parti au pouvoir Tanora Malagasy Vonona continue à faire mystère de sa participation ou non aux prochaines présidentielles, du moins officiellement. De son côté, Marc Ravalomanana a clamé à maintes reprises sa décision de s'y présenter. Une de ses dernières interventions en direct depuis l'Afrique du Sud, quelques jours avant «les Seychelles», lui a permis d'en informer ses militants.
Des dates filtrent
Quelques personnalités plus ou moins concernées par la définition du calendrier électoral ont fait parvenir hier, tard dans la soirée, « les» dates des prochains scrutins électoraux. Certaines, dont l'une n'a pas souhaité expliquer sa publication, avancent un calendrier mal défini en mai et juin 2013. Pour sa part, la CENIT a gardé le silence. Fano Rakotondrazaka, rapporteur général, n'a confirmé ni infirmé ces dates. Il a seulement insisté sur
« un calendrier établi pour le bien des Malgaches». En mai, les Nations unies ont préconisé des élections jumelées pour mai-juin 2013. Les prochains scrutins ne devraient pas ainsi s'écarter de cette « proposition», d'autant plus que ces experts ont pris activement part à l'élaboration du calendrier définitif.

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