Photo: Allan Gichigi/IRIN Le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) au Burkina Faso a remis officiellement, le jeudi 26 juillet 2012, des kits de dignité aux femmes et jeunes filles des réfugiés maliens du camp de Mentao à Djibo, dans la province du Soum. Deux mille seaux, deux mille paires de sandales, deux mille collants, deux mille pagnes, six mille paquets de serviettes hygiéniques et dix mille boules de savon, le tout d'une valeur de plus de 14 millions de francs CFA.
Ainsi se déclinent les kits de dignité remis par l'UNFPA/Burkina aux réfugiées maliennes de Mentao. Ces kits viennent à point nommé pour ces femmes réfugiées confrontées en cette période hivernale à des conditions d'hygiène précaires sur le site. L'UNFPA, dont la mission consiste à promouvoir le bien-être des populations, travaille de concert avec le gouvernement, les autres institutions des Nations unies notamment le Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR) et les ONG pour apporter son soutien aux besoins en santé de la reproduction.
A la cérémonie de remise, le haut-commissaire du Soum, Ima Barké, au nom du gouverneur de la région du Sahel, a salué ce geste de l'UNFPA en faveur des réfugiés. Il a saisi l'occasion pour témoigner sa reconnaissance à l'ensemble des acteurs humanitaires qui interviennent sur le site de Mentao. Il a demandé aux bénéficiaires de faire une répartition dans la transparence de ces kits et d'en faire bon usage. A sa suite, Mme Marie Louise Kabré/Barreto a, au nom du représentant-résident du HCR au Burkina et des femmes bénéficiaires, rappelé les missions fondamentales de l'UNFPA dont l'assistance est principalement destinée aux femmes.
Le but de l'UNFPA, a-t-elle poursuivi, est de sécuriser leurs accouchements et de les protéger contre toute sorte de maladies, notamment pour ce qui concerne les femmes en situation de déplacées ou de réfugiées. "Ces kits contribueront sans nul doute au bien-être de ces femmes et jeunes filles maliennes dans les provinces du Soum et de l'Oudalan", a estimé Mme Kabré. Quant au représentant-assistant de l'UNFPA au Burkina, Saïdou Kaboré, il a relevé qu'un grand nombre de femmes réfugiées ou déplacées internes se trouvent enceintes et devront affronter l'accouchement dans des conditions difficiles et même que parmi elles, certaines peuvent être victimes de violences, voire d'abus sexuels. Il a soutenu que la réponse de l'UNFPA dans les situations d'urgence et de post-crise sont prioritairement : l'intervention rapide par la mise à disposition de kits d'urgence en santé de la reproduction et des kits de dignité, la maternité à moindre risque et la planification familiale.
Sont également inscrites au titre des priorités, la santé sexuelle et de la reproduction des adolescents et jeunes, la prévention et la gestion des cas de violences basées sur le genre y compris celles de nature sexuelle ainsi que la prévention des infections sexuellement transmissibles et du VIH/Sida. Le représentant-assistant de l'UNFPA a également annoncé que dans les prochains jours, l'agence va s'atteler à la formation de 50 agents de santé sur le dispositif minimum d'urgence en situation de crise humanitaire, y compris la prise en charge des violences sexuelles. En plus de ces actions de renforcement de capacités, des activités de communication pour le changement de comportement seront menées avec l'appui des communautés.
A bâtons rompus avec le comité des femmes du camp
Pour mieux cerner les difficultés vécues par ces femmes du site de Mentao, le représentant-assistant de l'UNFPA, Saïdou Kaboré, a improvisé des échanges directs avec celles-ci. Ces échanges ont permis de soulever un certain nombre de préoccupations liées aux accouchements assistés. De l'avis du responsable de l'agence onusienne, la distance qui sépare le centre médical de Djibo au camp de Mentao situé en dehors de la ville pose un véritable problème pour les évacuations en cas d'urgence. "Très souvent, lorsqu'un cas se présente, il est difficile de joindre à temps l'ambulance du centre médical", a indiqué M. Kaboré.
La deuxième préoccupation était relative aux occupations des femmes. Elles ont fait savoir qu'elles sont désoeuvrées et souhaiteraient entreprendre quelques activités au sein du camp. La porte-parole des femmes, Mme Walet Mah Fadimata a indiqué qu'une réflexion est en cours, autour de la question afin de déterminer le genre d'activités qui pourrait y être mené. Toujours selon le représentant-assistant, le recensement de niveau 2 que l'UNHCR est en train de réaliser sur le terrain, va permettre de communiquer à l'ensemble des acteurs humanitaires, les besoins exprimés.
Et de réaffirmer la disponibilité de l'UNFPA, dans le cadre de son mandat, d'être toujours aux côtés des réfugiés de Mentao, pour leur apporter l'appui nécessaire pour leurs activités et pour les besoins en termes d'accouchement assisté. Pour les prochaines rencontres avec l'UNFPA, les femmes ont souhaité des entretiens individuels par des personnes habilitées, notamment des femmes, pour pouvoir discuter des sujets en rapport avec la vie intime.
Les difficultés relatives aux abris et aux vivres persistent
Sur le site, la plupart des réfugiés ont évoqué l'insuffisance des vivres. Les abris d'infortune constituent également leur cauchemar, surtout en ces temps pluvieux. Mademoiselle Namona Coulibaly, une métisse touarègue réfugiée, travaillant dans le comité de gestion du camp a confié que tous n'ont pas accès aux tentes (abris), contraignant certains à contribuer financièrement à leur acquisition.
Elle a affirmé que les abris en bâches distribues gratuitement ne mettent pas vraiment à l'abri des eaux de pluie. Pour ce qui est des vivres, elle a, pour sa part, estimé que les quantités distribuées ne couvrent pas les besoins de certaines familles obligées de se contenter de riz uniquement, sans d'autres apports en huile, sucre, lait.
Alhousséni Ould Almaïmoune, père de famille de huit enfants est du même avis et souhaite que la situation s'améliore sur le site. "En attendant mieux, chacun de nous a acheté du plastique pour renforcer les parties de la bâche où l'eau pénètre. En ce qui concerne les vivres, la chaîene de solidarité marche entre réfugiés au sein du camp. Nous prions Dieu pour que la situation se normalise au Nord-Mali afin que nous y retournions", a souhaité Ould Almaïmoune.
Mohamed Ould Dadi, arrivé il y a seulement un mois et demi à Mentao, soutient qu'il a été obligé de fondre en larmes pour voir sa situation se résoudre. "J'ai failli piquer une crise de folie devant ma femme et mes huit gosses parce que depuis notre arrivée, nous avons jusque-là eu recours aux voisins pour manger et dormir", a-t-il confié. Il a aussi souhaité que la paix revienne rapidement dans son pays.

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