Les 15.000 réfugiés mauritaniens verront bientôt le bout du tunnel. Lors d'une réunion de sensibilisation, le secrétaire permanent du comité national de gestion des réfugiés, rapatriés et personnes déplacées du Sénégal, a annoncé que les autorités prévoient de distribuer, durant ce mois d'août, environ 8 000 cartes d'identité numérisées aux personnes âgées de 5 ans et plus.
Lors de cette rencontre qui s'est tenue à la préfecture, en présence des autorités administratives et des réfugiés, il a été beaucoup question de la carte d'identité numérisée des réfugiés, qui permettent l'identification, mais aussi le séjour en toute légalité dans le pays d'accueil.
Le capitaine de vaisseau Samba Fall, secrétaire général du comité national de gestion des réfugiés, a rappelé l'importance de ce document. Dans le cadre de la gestion dans la durée d'un réfugié, a-t-il dit, il est normal qu'on ne le laisse pas dans ce statut toute sa vie. «Il faut trouver des solutions durables que la convention de Genève de 1951 a bien définies», a-t-il expliqué.
Il s'agit d'abord du rapatriement volontaire et ensuite de l'intégration locale, qui permet, selon lui, d'amener le refugié à «devenir un citoyen acteur de développement». «C'est dans ce cadre que nous voulons lui conférer une capacité de libre circulation de sa personne et de ses biens. C'est pour cela que nous lui procurons une carte d'identité de réfugiés qui a la même fiabilité et la même crédibilité que la carte d'identité nationale, signée par le ministre de l'Intérieur.
Cette carte numérisée et biométrique sera remise à chaque réfugié de cinq ans et plus», a fait savoir le capitaine. Selon lui, lesdites cartes ont été déjà élaborées et enregistrées au niveau de la Direction de l'automatisation du fichier (Daf). «Nous en avons déjà distribué plus de 2.000 et il en reste quelques 8.000 que nous allons distribuer durant le mois d'août 2012», a-t-il indiqué, en précisant que ces cartes sont destinées à la quarantaine de nationalités vivant au Sénégal.
Trouver une solution pour les grévistes de la faim
S'agissant des réfugiés qui ont engagé une grève de la faim depuis plusieurs semaines, le capitaine de vaisseau Samba Fall a rappelé que «le réfugié qui ne veut ni rester ni rentrer chez lui a la possibilité d'aller dans un autre pays». Mais, a-t-il soutenu, il faudrait que cet autre pays accepte de le recevoir. «Il se pose un problème juridique, car le Sénégal n'a aucune attribution ni aucune influence possible pour envoyer les réfugié dans d'autres pays, ni le Hcr», a-t-il précisé. Abdoulaye Diop, président de « Sos réfugiés» de Saint-Louis, a déploré cette situation.
À son avis, il faut discuter afin de trouver des solutions pour que les réfugiés soient mis dans des conditions décentes. Abdoulaye Diop et ses camarades qui vivent au Sénégal depuis 23 ans, ont salué la décision des autorités. «Depuis plus de deux décennies, nous vivons avec des récépissés c'est inadmissible. C'est une situation très difficile et cela se ressent lors de nos déplacements, mais aussi quand nous voulons effectuer des opérations dans les banques, car les institutions financières demandent toujours une preuve d'identité», a soutenu M. Diop, qui a toutefois déploré les lenteurs notées dans la confection.
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