Alors que la suspension volontaire de sa grève dure depuis plus de 4 mois, le Syndicat autonome de l'enseignement supérieur (Saes) a exprimé, hier, son exaspération face à l'indifférence des autorités pour le bien-être du personnel et le futur de l'université. Le Saes n'a pas exclu une fin à la pause qu'il observe depuis le 23 mars et la reconduction de la grève.
Le Saes a déploré, au cours d'un point de presse, « le statu quo » depuis la pause de la grève, dénonçant « le manque de volonté » des autorités de répondre à ses revendications. « Pour le moment, nous ne ferons pas usage des moyens de pression à notre portée, mais nous commençons à perdre patience », dit Yankhoba Seydi, chargé de la communication du Saes. Pour montrer leur bonne volonté, les enseignants continueront les cours jusqu'à septembre.
Le Saes a exposé plusieurs problèmes auxquels les enseignants de l'Ucad doivent toujours faire face. « Nous exhortons les autorités à prévoir les problèmes et à les régler avant l'année 2012-2013 », plaide Mamadou Gano, chargé des questions financières pour la coordination de Dakar. Ces difficultés incluent l'orientation des nouveaux bacheliers trop nombreux par rapport aux capacités d'accueil, mais aussi la situation du personnel de l'université.
Le Saes suggère aussi le recrutement d'enseignants - qui est au point mort depuis plusieurs années -, l'augmentation de la capacité d'accueil des universités publiques de Ziguinchor, Thiès et Saint-Louis, la finition et la réparation de bâtiments destinés au logement des étudiants et à l'enseignement. Le syndicat rappelle également le projet de construction d'une 2è université à Dakar, qui permettrait de désengorger l'Ucad. « La Banque mondiale avait donné son accord pour cet ambitieux projet, mais aucune étude n'a encore été menée à ce sujet », dit le Saes.
Les enseignants demandent également leur prise en charge médicale. Ils se font régulièrement refuser des soins, l'université n'ayant pas réglé sa dette vis-à-vis des hôpitaux. Une situation « humiliante », selon Yankhoba Seydi. Le Saes rappelle, d'ailleurs, que le projet de polyclinique à l'Ucad qui, « bien qu'étant bâtie, est une coquille vide, puisqu'elle ne bénéficie pas d'ambulance, ni de matériel médical essentiel. Opérationnelle, elle serait plus avantageuse que le recours aux services hospitaliers extérieurs ».
Le Saes demande, en outre, l'augmentation du budget de l'université qui a stagné, alors que les dettes, notamment hospitalières, augmentent ainsi que le nombre d'étudiants. Ce qui entrave le travail des enseignants qui bénéficient de moins en moins de vacances durant lesquelles ils s'adonnent, pourtant, à la recherche. Le gap budgétaire est actuellement de 7 milliards de FCfa, selon Lassana Konaté, coordonateur du campus de Dakar pour le Saes. « Si rien ne bouge, la rentrée va être explosive », promet Yankhoba Seydi.
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