Sénégal: Contraception - Les méthodes adaptées à chaque femme

Dakar — Les méthodes contraceptives de la planification familiale sont adaptées en fonction de chaque femme, et l"'offre des produits contraceptifs basée sur un canevas et des normes", a indiqué Diouma Diouf Ndiaye, sage-femme d'Etat à la Direction de la santé de la reproduction qui est en charge du programme de la planification familiale.

S'exprimant dans un entretien accordé à l'APS, Mme Ndiaye souligne qu"'une discussion interpersonnelle entre le prestataire et sa cliente, qui demande un service de planification familiale, est impérative avant le choix de la méthode de contraception". D'après elle, "l'offre des produits contraceptifs est basée sur un canevas et sur des normes".

" Nous lui [la cliente] présentons au cours de cette discussion toute la gamme de contraceptions proposée par la planification familiale, avec le mode d'emploi, la durée d'action, comment le produit bloque la grossesse, les effets secondaires, les avantages et les inconvénients, puis nous l'aidons à faire le bon choix", a-t-elle expliqué.

Selon Mme Ndiaye, les rumeurs résultent d'un problème d'interprétation et ne relèvent pas d'une bonne maîtrise de l'information. C'est pourquoi, en ayant recours à la planification familiale, il est important d'être appuyé par un professionnel de santé qui pourra livrer les bonnes informations, a-t-elle conseillé.

"Il y a des critères d'éligibilité qu'il faut respecter chez chaque femme, puisqu'il y a des calendriers de suivi qui permettent de suivre les femmes selon la méthode choisie", rappelle-t-elle.

Pour le surpoids, les preuves ont montré que "les femmes qui utilisent les contraceptifs à base de progestérone, comme les implants, prennent du poids, mais aucune méthode de contraception n'est destinée à donner du poids", a-t-elle indiqué.

Selon la sage femme, quand le poids de la femme dépasse 80 kg, l'efficacité de la contraception est réduite. Mais à titre d'exemple, le stérilet, qui est une autre méthode de contraception, n'entraine pas de surpoids.

" Il y a certaine méthodes de contraception injectable comme le dépo-provera qui, après arrêt, peut entrainer chez la femme une période de 6 à 18 mois où elle ne voit pas ses menstrues. Cela peut la troubler, mais en réalité il n'y a rien de grave à ce niveau", rassure Mme Ndiaye.

Selon elle, cela ne signifie pas que la femme ne verra plus ses règles ou qu'elle est devenue stérile. Ce phénomène est juste lié au fait que le dépo-provera injecté ne s'est pas totalement dissipé, mais cela dépend de l'organisme de la femme.

"Le problème des rumeurs sur la stérilité, c'est juste par rapport aux mauvaises informations. C'est l'auto-médication de la rue qui pose problème et, en plus de cela, 9% des besoins non satisfaits de la planification familiale sont dus au refus des époux", souligne t-elle.

D'après Mme Ndiaye, rien n'empêche les femmes qui n'ont jamais eu d'enfants, d'utiliser les méthodes contraceptives de la planification familiale tant qu'elles sont éligibles.

"Notre cheval de bataille aujourd'hui, c'est de lever ces rumeurs qui bloquent l'évolution de la planification familiale, d'arriver à un taux de prévalence très élevé et à une forte utilisation des produits contraceptifs pour protéger les femmes", a conclu Mme Ndiaye.

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