Tel est l'avis du Pr. Abdoulaye Diagne du Cres, qui considère que c'est paradoxal que les enfants paient plus que les étudiants, surtout que 80 % d'entre eux sont boursiers.
Cette politique de généralisation des bourses n'obéit pas toujours à l'équité, parce que ce ne sont pas les étudiants des familles aux revenus modestes qui sont les bénéficiaires. « La contribution des étudiants au financement de leurs études est insignifiante.
Est-ce qu'il faudra toujours laisser l'inscription à environ 5.000 Fcfa ? » s'est interrogé le Pr. Abdoulaye Diagne. Il animait une conférence sur le thème : « Quelles politiques de développement de l'enseignement supérieur sénégalais ? Leçons des années 2000 et défis pour la nouvelle décennie ».
Le Pr. Diagne a relevé de nombreux facteurs d'inefficience de l'enseignement supérieur sénégalais. De 2000 à nos jours, il se caractérise par le peu de réformes : seuls 3 textes ont été adoptés. Ils sont relatifs à la réforme Lmd, au statut des enseignants du supérieur et au décret sur l'organisation de l'enseignement supérieur privé en 2011.
Pendant ce temps, on assiste à une généralisation des allocations ; l'insuffisance des ressources pourtant orientées vers les œuvres sociales ; une forte croissance des effectifs au moment où les capacités d'accueil sont faibles, le peu d'infrastructures est orienté vers l'hébergement des étudiants et les restaurants ;
une reproduction du modèle existant dans l'élargissement de la carte universitaire, l'absence d'une large concertation, à part celle de 2010 qui était une réflexion interne, etc. Quant au privé supérieur, 93 % des formations sont du tertiaire.
Solutions
Concernant les dépenses, le Pr. Diagne a indiqué que de 2000 à 2009, les œuvres sociales sont passées de 22 à 86 milliards de FCfa, soit une croissance annuelle de 16 %.
Il a noté que le niveau de dépenses récurrentes par rapport à la richesse nationale est très élevé à celui d'autres pays. « Le Sénégal dépense 2 fois plus par étudiant que l'Inde, Madagascar, la Côte d'Ivoire », a-t-il dit.
L'enseignement supérieur est aussi confronté à un « problème de pilotage », alors que « l'environnement réglementaire et législatif n'a presque pas évolué ».
Pire, il y a une « absence d'indicateurs renseignés de suivi et de performance. Même s'ils existent, les données ne sont pas renouvelées ».
Il s'y ajoute une « absence de politique de recherche, un faible taux d'enseignants de rang A (professeurs titulaires, maîtres de conférences et chargés d'enseignement). Même si l'Ugb compte « 52 % d'enseignants de rang A, le manque de politique d'incitation vis-à-vis de ces derniers fait qu'ils changent souvent de métier, s'ils n'émigrent pas.
Comme solutions, le Pr. Diagne a proposé un « clausus numerus » pour les universités, à défaut de normer la taille de chaque établissement ; réformer la gouvernance ; augmenter la contribution des étudiants ; avoir une forte liaison entre les rendements du personnel enseignant et ses performances pédagogiques, en recherche ou en services à la communauté ;
réorienter les dépenses publiques d'éducation vers la recherche, la pédagogie (qualité) et au détriment des œuvres sociales ; faire des analyses approfondies et bâtir des consensus forts.
(Cepes), a été élu président de la nouvelle structure. Mamadou Gningue a été plébiscité à la suite de leur assemblée générale tenue samedi dernier.
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