Fratmat.info (Abidjan)

Cote d'Ivoire: Chantiers de Bonoua et Grand-Bassam - Ouattara crée 1 000 emplois

Veille de fête d'indépendance très active pour le Président de la République, Alassane Ouattara. Trois heures avant la diffusion du traditionnel message à la Nation, le 6 août, à la faveur du 52e anniversaire de l'accession de la Côte d'Ivoire à la souveraineté nationale, le Chef de l'État est allé mettre à exécution, dans la ville de Bonoua, une de ses promesses électorales : la création d'emplois pour les jeunes.

Ainsi 1 000 postes de travail seront générés dans les villes de Bassam (travaux de l'autoroute) et de Bonoua, à raison de 500 par ville. Les emplois de Bonoua sont disponibles dans les réalisations de forages, réservoirs, stations de reprise et des canalisations. « Je vous ai promis des emplois, je vous offre des emplois », déclare-t-il sous un tonnerre d'applaudissements. En fait, le Président de la République terminait ainsi son allocution de lancement des travaux d'approvisionnement en eau potable de la ville d'Abidjan.

C'est un projet d'urgence consistant à réaliser deux champs captants (première infrastructure de récupération d'eau dans la nappe souterraine avant son transfert vers une station de traitement et enfin le château) sur deux sites (Tchintchébé et Ono) comprenant chacun neuf forages. Chaque champ aura une capacité de 40.000 mètres cubes d'eau par jour (m3/jour). Soit un total de 80 000 m3/jour.

Une fois l'eau captée, il faudra des postes de reprises dont les constructions sont programmées à Tchintchébé, Ono et Moossou. Ces infrastructures permettront d'acheminer l'eau vers les stations de traitement. Après quoi, elle sera stockée dans les châteaux de Vridi et Koumassi, pour servir à la population. Le parcours de la denrée nécessite 124 Km de canalisations entre Bonoua et Abidjan. La construction de tous ces ouvrages coûte 50 milliards de Fcfa. Et une fois encore la Chine se retrouve dans le fauteuil du financier. Ce, à travers l'Eximbank.

Un financement qui sera totalement assuré par cette banque, sans contrepartie ivoirienne. Par ailleurs, le gouvernement chinois s'est engagé à payer les bonus du prêt concessionnel consenti par la banque. Sur le terrain, c'est à la société chinoise China geology ingenering company (Cgc) qu'il reviendra d'exécuter les travaux. Ils dureront 24 mois. Toutefois, les populations cibles de l'îele de Petit Bassam (composée des communes de Port-Bouët, Koumassi, Marcory et Treichville), estimées à 1,2 million d'habitants n'attendront pas cette échéance pour classer dans les souvenirs les problèmes d'eau dont elles souffrent.

Le Chef de l'État, Alassane Ouattara, annonçant que dès juin 2013, « le déficit actuel des abonnés d'Abidjan sera résorbé ». En attendant, pour fin 2012, ce sont les 60% du manque d'eau à Abidjan qui seront résolus. En plus de cette population, il faut ajouter toutes les localités allant de Bonoua à Abidjan, avec la zone d'extension de 3 369 hectares au sud-est de la commune de Port-Bouët, en plein essor démographique et immobilier.

C'est que du fait du manque d'entretien et d'investissement dans le secteur de l'eau depuis plus de 20 ans, le déficit s'est accru. Les besoins de la ville d'Abidjan sont estimés à 500 000 m3/jour. En face, les installations fournissent 350 000 m3/jour. Le Président de la République, Alassane Ouattara, parle alors, en terme de proportion, de 30% de déficit pour la ville d'Abidjan contre environ 50% à l'intérieur du pays.

En réalité, souligne le ministre des Infrastructures économiques, Patrick Achi, le projet lancé lundi dernier, n'est que la première phase du renforcement de l'alimentation en eau potable de la ville d'Abidjan. En effet, la seconde phase, selon le Chef de l'État, sera mise en oeuvre dès l'année prochaine. Elle porte aussi sur la réalisation de deux champs captants à Nougoussi et Kakoukro de neuf forages sur chaque site. La production attendue est de 33 000m3/jour

. La particularité de ce deuxième projet est la nature du financier : la France. « La deuxième phase financée quant à elle par le gouvernement français dans le cadre du Contrat désendettement développement (C2D), sera mise en oeuvre dès l'année prochaine », déclare le Président de la République. Ce sont autour de 40 milliards de Fcfa que l'État français rétrocédera à cet effet au gouvernement ivoirien pour achever ainsi l'exploitation de la nappe du Sud-Comoé.

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