Des agents mis hors de service à la Ceni s'estiment « humiliés » par leur employeur, faute d'avoir suivi la procédure normale en la matière. Pour le bureau de la Ceni, ce contingent d'agents ne constituait qu'un « personnel temporaire ».
La désolation ! Triste journéedu mardi 7 août pour les 336 agents mis à la porte par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Il s'agit de 99 techniciens d'appui de la direction informatique de 2011 ; 80 techniciens d'appui de la direction informatique de 2010 ; 73 téléopérateurs temporaires ; 40 archivistes temporaires ; 11 hôtesses ; 55 logisticiens d'appui temporaires ; 11 mécaniciens temporaires ; 36 chauffeurs ; et 30 nettoyeurs.
Ils étaient inconsolables lorsque, se doutant pourtant de rien, ils se sont vus refuser l'accès aux installations de la Ceni le matin d'hier mardi. Alors que la veille, ces agents qui ont presté normalement, n'avaient reçu aucun avertissement allant dans ce sens.
A leur grande surprise, au matin du mardi 7 août, un « désagréable » communiqué les attendait. Il est signé des mains du Directeur administratif, Paul Henri Eloma, et contresigné par le Secrétaire exécutif national adjoint, Bechir Bungu.
Au terme dudit communiqué, la mesure est prise à la suite de la décision de l'Assemblée nationale de surseoir au processus électoral. Mais d'autres sources de la Ceni font état des «contraintes financières», le gouvernement ayant revu à la baisse l'enveloppe allouée à la Ceni. Le communiqué dit également que les agents concernés passent toucher leur salaire du mois de juin, puis ils reviennent à la fin du mois pour toucher celui du mois de juillet.
Or, selon les quelques agents interrogés devant le siège de la Ceni, le bureau leur devait une prise et des pécules des 10 jours de congé qui a suivi la publication des résultats de la députation nationale. A leur grand étonnement, le communiqué est resté muet et sur la prime et sur les frais de congé. Le même silence s'observe également quant aux frais de mission des agents qui ont acheminé les matériels électoraux à l'intérieur du pays.
La manière et la procédure
Ce qui choque plus ces agents, c'est moins l'affichage de la liste mais la manière et la procédure. « Même un personnel temporaire a aussidroit à la dignité», a dit une des victimes de la mesure de la Ceni. On ne se fait pas surprendre un matin de la fin de son service après avoir rendu d'énormes services à son entreprise et à la nation congolaise.
Parmi ces agents mis à l'écart, les uns ont travaillé depuis l'époque de la CEI ; les autres depuis septembre 2011. Ils sont tous mis dans le même sac. Sans autre forme de procès. Ils se sont posés une question de droit : «pendant combien de temps un employé doit-il se considérer comme un agent temporaire' ?»
Contacté par Le Potentiel, un cadre de la Ceni a précisé que ces agents avaient signé des contrats a duré déterminée. Avant de rassurer que son institution gardait toutes les banques des données et ces agents pourront réintégrer leur boulot en cas de nécessité pour les prochains scrutins.
Que réclame le personnel temporaire mis hors service ? Rien de plus que la reconnaissance de leurs droits et le respect de leur dignité humaine. «Nous avons servi loyalement la République. Nous avons besoin de la gratitude pour nos services rendus», a déclaré un agent, larmes aux yeux.
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