Sidwaya (Ouagadougou)

Burkina Faso: Formation professionnelle - Le contrat d'apprentissage enseigné aux apprentis et à leurs maîtres

La Direction régionale du travail et de la sécurité sociale de l'Est (DRTSS-Est) a organisé, en collaboration avec le projet Fonds-enfants, un atelier de formation au profit des pensionnaires des centres et ateliers de formation ainsi que des patrons desdits centres à Fada N'Gourma, le mardi 31 juillet 2012. C'était pour leur expliquer en détail le contrat d'apprentissage et ses avantages.

L'un des axes principaux de la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD), adoptée par le Burkina est sans conteste la promotion de l'emploi des jeunes et la formation professionnelle. Mais il n'en demeure pas moins que les textes y relatifs sont peu connus des acteurs chargés de l'application de cette politique.

C'est fort de ce constat que la Direction régionale du travail et de la sécurité sociale de l'Est (DRTSS-Est) a convié les apprentis et leurs maîtres à un atelier de formation sur le contrat d'apprentissage et ses obligations, à Fada N'Gourma le 31 juillet 2012.

L'occasion a été belle pour le Directeur régional (DR), Félix Kiemtoré et ses collaborateurs de s'exprimer également sur les conditions de travail des apprentis-mineurs (moins de 16 ans).

Ainsi donc, l'objectif visé à travers cette rencontre était de renforcer les capacités de la quarantaine de participants sur la réglementation en vigueur en la matière. Il s'agissait également d'échanger sur les atouts de la formation professionnelle sur le marché de l'emploi.

Les travaux ont été marqués par le discours d'ouverture prononcé par le haut-commissaire de la province du Gourma, Alfred Gouba, et deux communications données par les conférenciers Achille Ouédraogo et Sévérin Traoré, tous inspecteurs du travail et des lois sociales à la DRTSS-Est.

Le premier a développé le thème « rôle de la formation dans l'insertion socioprofessionnelle ». C'est ainsi qu'après avoir défini des notions comme « la formation formelle », « la formation non formelle », « l'apprentissage », il a passé en revue les conditions à réunir pour une formation de qualité, le rôle de la formation professionnelle et les insuffisances du domaine au Burkina.

En termes d'insuffisances, le conférencier a fait cas de l'inaccessibilité des centres de formation par les citoyens au vue de leurs coûts élevés, les difficultés pour ceux qui s'en sortent de s'insérer dans la vie active ainsi que le manque de suivi dans la formation non formelle.

La deuxième conférence, celle de Sévérin Traoré a traité du contrat d'apprentissage en mettant l'accent sur des aspects tels que les conditions du contrat, les formalités administratives, les obligations des deux parties (patron et apprenti) et les différents types de contrats existants.

Parmi les aspects évoqués, celui qui a sans doute suscité le plus de débats est la rémunération des apprentis. Pour les maîtres, en effet, cette rétribution qui ne doit pas être en-dessous du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), soit un peu plus de 30 000 F CFA, est très élevée.

Pour cela, ils jugent nécessaire de revoir les textes à ce niveau si l'on veut leur réelle application sur le terrain. En outre, ils ont émis le vœu que la langue du terroir, à savoir le Gulmancema soit prise en compte dans les examens professionnels tels que le Certificat d'aptitude professionnelle (CQP).

A toutes ces préoccupations, le DR, Félix Kiemtoré a dit avoir pris bonne note mais les a exhortés à mettre en application la loi en attendant une éventuelle révision. « C'est la loi, il faut l'appliquer en attendant », a-t-il dit.

Le directeur régional de l'Agence nationale pour l'emploi (ANPE), Télesphore Tiendrebéogo s'est, pour sa part, réjoui de la tenue de la rencontre. Il estime que c'a été une tribune pour eux de faire passer aussi leur message.

«Les textes réglementaires existent mais ils sont méconnus des acteurs de la formation professionnelle ; souvent quand nous partons vers eux, c'est comme nous venons leur imposer quelque chose en leur défaveur.

Après ces explications j'espère qu'ils comprendront mieux », a fait savoir M. Tiendrebéogo. Après Fada, l'équipe s'est rendue dans d'autres localités de la région pour la même activité.

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