Le Pays (Ouagadougou)

Libye: Les petits pas de la démocratie

Le 7 août 2012, la Libye a entamé sa première transition démocratique. Le CNT, organe politique qui a présidé aux destinées du pays depuis la chute et la mort du colonel Kadhafi, s'est auto-dissous en transmettant officiellement et solennellement toutes ses prérogatives au Congrès général national (CGN).

Ce congrès élira en son sein un président qui aura la lourde charge de composer le premier gouvernement de l'ère démocratique. La Libye revient de loin. Il a fallu une guerre et des milliers de morts pour la débarrasser de son encombrant Guide qui, après plus de quarante années de règne, n'a pas vu ou voulu s'adapter aux changements inéluctables véhiculés par le printemps arabe : liberté, démocratie et justice. Les forces coalisées, sous mandat de l'ONU, ont permis ce changement violent pour amorcer ce virage démocratique.

L'ancien président français, Nicolas Sarkozy, en première ligne dans la guerre contre Kadhafi, doit boire son petit lait, satisfait de voir le pouvoir entre les mains de vrais représentants du peuple, élus au suffrage universel. Le président du CNT, Moustapha Abdeljalil, aura été le visage de la résistance libyenne. Il a eu le mérite de conduire la barque à bon port et d'organiser des élections acceptées par la grande majorité des Libyens. En transférant le pouvoir au CGN, pour lui, c'est la fin d'une mission plus ou moins réussie.

Il a promis de prendre sa retraite, et elle est bien méritée. Place désormais au CGN, la représentation nationale, qui aura la lourde responsabilité de conduire les premiers pas démocratiques de la Libye post-Kadhafi. Son premier défi est de mettre en place un gouvernement qui reflète le vote des Libyens et qui va s'atteler à remettre le pays sur les rails de la reconstruction afin d'oublier très rapidement le cauchemar d'une guerre qui a dévasté ses infrastructures.

L'après-Kadhafi s'annonce certes sous le prisme de l'apprentissage démocratique avec toutes ses promesses de liberté dans un pays qui se veut musulman. Mais cette période post-Kadhafi aura également, à n'en pas douter, le goût amer des efforts à fournir pour reconquérir le niveau de vie d'antan des populations. Des mesures impopulaires à prendre pour sécuriser le pays et raffermir sa cohésion seront sans doute nécessaires. Le contexte est difficile. C'est un pays à genou qu'il faut relancer.

C'est le défi de tous les démocrates de ce pays qui auront besoin de tous les amis qui s'étaient ligués comme un seul homme pour faire tomber Moammar Kadhafi. Cette mission revient aux nouvelles institutions qui vont se mettre progressivement en place. Le prochain rendez-vous attendu est la formation d'un nouveau gouvernement. Un exercice qui permettra d'avoir une idée du jeu des acteurs politiques en ces premiers moments de la construction d'une république.

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