Madagascar: Les ministres de l'ancien Président Ravalomanana ne peuvent plus émettre d'arrêtés ministériels

A Madagascar, les ministres issus de la mouvance de l'ancien président Marc Ravalomanana ne peuvent plus émettre d'arrêtés ministériels. Cette décision n'est pas officielle, aucune communication n'a été faite, mais elle serait en vigueur depuis près d'une semaine.

Les ministres issus de la mouvance Ravalomanana font partie du gouvernement d'Union nationale depuis sa mise en place en novembre dernier, ils sont au nombre de cinq dont un vice-premier ministre. Il pourrait s'agir de sanctions prises à la demande de la présidence (donc d'Andry Rajoelina), au motif que ces ministres boycottent les conseils de gouvernement et des ministres depuis le début du mois de mai.

La première application de cette sanction remonterait à jeudi dernier, le 9 août, et pour comprendre il faut s'intéresser à la procédure d'adoption des arrêtés ministériels. La procédure veut qu'un ministre envoie son arrêté ministériel à la primature, donc au Premier ministre, qui le valide et le renvoie au ministre concerné avec un numéro d'arrêté nécessaire pour qu'il soit appliqué.

Or, selon Ihanta Randriamandranto, ministre de l'Elevage issue de la mouvance Ravalomanana, aucun arrêté proposé par elle ou l'un des cinq ministres issus de la mouvance Ravalomanana ne se verrait remettre de numéro d'arrêté jusqu'à nouvel ordre.

Boycott

Concrètement, la ministre de l'élevage, Ihanta Randriamandranto, la ministre de la Décentralisation, Ruffine Tsiranana, la ministre du Commerce, Olga Ramalason, le ministre de l'Agriculture, Roland Ravatomanga, et le vice-Premier ministre en charge de l'Economie, Pierrot Botozaza ne peuvent plus faire appliquer d'arrêtés.

Le président de la transition, Andry Rajoelina, de retour des Seychelles la semaine dernière, avait réitéré plusieurs demandes de sanctions contre les ministres pro-Ravalomanana. Ces derniers boycottent les Conseils des ministres et de gouvernement depuis un peu plus de trois mois pour protester contre la non-application de la feuille de route dans son intégralité, c'est-à-dire notamment l'article 20, qui impose le retour sans conditions de tous les exilés politiques, y compris Marc Ravalomanana.

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