Après le grand oral de jeudi, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina seront fixés sur leur sort aujourd'hui par le Sommet de Maputo. S'étant officiellement ouvert hier en fin de la matinée à Maputo (Mozambique), le 32e sommet ordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement de la SADC prendra aujourd'hui sa résolution sur la crise malgache qui a duré presque quatre ans.
Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina ont passé jeudi dans la soirée un grand oral devant les trois chefs d'Etat membres de la Troïka : Jacob Zuma pour l'Afrique du Sud, Michael Sata pour la Zambie et Jakaya Kikwete pour la Tanzanie. Les généraux qui composent la délégation du président de la Transition ne pourraient pas être présents durant ce grand oral. Le rapport sur ce grand oral et celui sur la récente mission effectuée à Madagascar par le vice-ministre sud-africain Marius Fransman qui a consulté les autres signataires de la Feuille de route et les différentes entités concernées par la résolution de la crise, ont été soumis hier aux chefs d'Etat de la SADC qui prendront aujourd'hui leurs conclusions.
Consensus. Jusqu'à hier, du moins avant l'ouverture du Sommet de Maputo, les chefs d'Etat de la communauté de Développement d'Afrique Australe n'ont pas encore pensé à imposer une solution. Et ce bien que la SADC, après les deux sommets des Seychelles, ait donné aux deux principaux protagonistes jusqu'au 16 août, c'est-à-dire jeudi dernier, pour s'entendre sous peine d'être sanctionnés par la communauté internationale.
Dans son discours d'ouverture du Sommet, le président entrant de la SADC, le président mozambicain Armando Guebuza , a encore prononcé les mots « consensus » et « dialogue ». « Nous continuons à promouvoir le dialogue amélioré pour faire avancer ce processus (...) afin qu'il y ait une confiance mutuelle entre les deux parties. », a-t-il déclaré. Le nouveau patron de la SADC de lancer une question : « Que pouvons-nous faire pour les (NDLR : Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina) faire parvenir à un consensus ? » Le président du Mozambique a-t-il voulu faire comprendre que la SADC ne peut rien imposer aux Malgaches ?
Fermeté. Il faut reconnaître que Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina ne pourront jamais s'entendre. La fermeté des chefs d'Etat de la SADC est de mise pour mettre fin aux fausses interprétations des articles 20 et 45 de la Feuille de route. Or, ce qui se passe en ce moment à Maputo est loin d'aller dans ce sens. L'absence durant le sommet du président sud-africain Jacob Zuma, qui connaît le dossier malgache en tant que président sortant de la Troïka, aurait des impacts sur la résolution que le sommet de Maputo prendra aujourd'hui. Jacob Zuma a subitement quitté Maputo hier matin pour se rendre à Rustenburg (Afrique du Sud) où une intervention policière a tué 36 mineurs.
A cette grande absence s'ajoute une autre, celle du président de l'Angola, José Eduardo Dos Santos qui, lui aussi, maîtrise le dossier Madagascar en tant que président sortant de la SADC. Le président angolais est représenté à Maputo par son vice-président Fernando da Piedade Dias. A noter que la Tanzanie succède pour un mandat d'un an à l'Afrique du Sud à la présidence de la Troïka. Mais, une source digne de foi a permis de savoir que les sud-africains, dont le président Jacob Zuma et son vice-ministre Marius Fransman continueront à s'occuper du dossier Madagascar.
Retour. Il faut cependant signaler que la présence du vice-ministre tanzanien des Affaires Etrangères lors du deuxième round des négociations entre Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, qui s'est tenu à Mahé (Seychelles), laisse croire que les tanzaniens se préparent à prendre en main le traitement du dossier Madagascar. Quoi qu'il en soit, la résolution de la crise malgache reste butée à la mise en oeuvre des articles 20 et 45 de la Feuille de route. L'article 20 ordonne le retour « sans conditions » des exilés politiques, y compris Marc Ravalomanana. Tandis que l'article 45 soumet à conditions ce retour. Donc, que ce soit les sud-africains ou les tanzaniens, les pierres d'achoppement restent les mêmes.
Seules les approches différeraient. Les tanzaniens seraient plus fermes et plus catégoriques que les sud-africains. En tout cas, les regards sont braqués aujourd'hui sur le centre de conférence international Joaquim Chissano (Maputo) où se déroule depuis hier le Sommet de la SADC. En fait, il n'y a que trois possibilités : Soit la SADC impose le retour immédiat de Marc Ravalomanana pour pouvoir se présenter aux élections. Soit elle ordonne ce retour mais après les élections. Soit elle se contente d'encourager la poursuite du dialogue. Dans ce dernier cas, la transition risque encore de se prolonger.
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