« Tout candidat aux élections à la présidence de la Confédération africaine de football, outre les compétences nécessaires, devra être ou avoir été membre du comité exécutif de la CAF ».
C'est la proposition faite par la Fédération algérienne de football (FAF) présidée par Mohamed Raouraoua et dont le document, en date du 20 juin 2012, est signé par le Secrétaire général de la FAF, Nadir Bouzenad.
Elle est adressée au Secrétaire général de la CAF avec pour objet, une proposition de modification des statuts de l'instance dirigeante du football africain dans la perspective de l'élection à la présidence de la CAF en mars 2013.
Que peut bien cacher une telle initiative de la FAF qui doit figurer dans l'ordre du jour de l'assemblée générale extraordinaire de la CAF, le 3 septembre prochain aux Seychelles.
Si cela ne ressemble pas à la danse des sorciers qui préparent un évènement dont ils ont seuls le secret, c'est tout simplement une proposition exclusive, restrictive et démagogique.
Sauf pour un dirigeant qui n'a jamais mis les pieds dans une salle de classe, c'est une façon de dire qu'il faut être parmi les 13 membres élus du comité exécutif de la CAF pour briguer la présidence de cette instance. C'est une proposition qui, si elle venait à être adoptée, exclurait les présidents de fédérations et bien d'autres responsables du football continental qui auraient des ambitions présidentielles. On s'interroge bien si un président de fédération censé être lucide peut accepter une telle disposition. C'est l'attitude des hommes qui avancent, cagoulés, avec des ambitions sibyllines mais qu'on arrive à vite démasquer.
En somme, c'est une proposition inqualifiable, inexplicable, inadmissible voire inique et qui frise le ridicule. La Fédération algérienne de football veut-elle ainsi se moquer de l'intelligence des dirigeants du football du continent ? Certes, son président, Mohamed Raouraoua, peut avoir des ambitions présidentielles et ce qui est normal, mais le jeu dans lequel il veut embarquer ses homologues africains ne ressemble à rien d'autre qu'à un cirque.
Mais en plus, ce que de nombreux présidents de fédérations savent, c'est qu'il joue le jeu du président de la CAF, Issa Hayatou, dont il se réclame le dauphin naturel.
Le président Issa Hayatou qui nourrit de nouvelles envies de rester scotché à son fauteuil doit se réjouir de cette proposition pour laquelle il ne semble pas être innocent.
On ne peut pas comprendre qu'après un quart de siècle à la tête du football africain, c'est à la veille d'une échéance électorale qui ressemble aux précédentes qu'on pense à modifier les règles du jeu d'une élection. Issa Hayatou et ses ouailles semblent voir venir pour cette bataille de 2013, un adversaire et non des moindres qui a le coffre nécessaire pour vaincre.
Et très vite, il faut trouver la parade et créer un obstacle comme le font certains despotes africains en politique en posant un pot de colle sur leur siège.
Dans un entretien accordé à un confrère ivoirien, l'ancien international des Lions indomptables du Cameroun, Joseph Antoine Bell, s'est insurgé contre cette proposition, dénonçant une tentative de confiscation de la CAF parce que, dit-il, cela n'obéit à aucune logique. Il va plus loin en déclarant que Issa Hayatou et ses lieutenants veulent transformer la CAF en un bunker.
C'est une interpellation des dirigeants du football africain parce que, se demande Joseph Antoine Bell, pourquoi autant de restrictions pour la CAF alors qu'il n'en est pas ainsi à la FIFA, à l'UEFA et au CIO ? Ne serait-ce pas là un véritable recul pour le football africain ?
La réaction du colonel Sita Sangaré, président de la Fédération burkinabè de football (FBF)
« La proposition faite par la Fédération algérienne de football (FAF) me semble ne pas être vraiment la bienvenue à quelques mois d'une élection. Il est préférable d'attendre après l'élection pour apporter des amendements.
En marge des travaux de la CAF du 3 septembre aux Seychelles, il est prévu une réunion de l'Union des fédérations ouest-africaines de football (UFOA). Et comme l'UFOA est divisée en deux zones (A et B), la zone B à laquelle appartient le Burkina, discutera d'un certain nombre de points dont principalement la question de l'amendement proposé par la FAF concernant les conditions d'éligibilité ».
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