La Presse (Tunis)

Tunisie: Clôture du Festival de Hammamet

Photo: Facebook
(Photo d'archives). Nuit ramadanesque au Festival de Hammamet.

La 48e édition du festival international de Hammamet a été clôturée, vendredi dernier, par une pléiade de chanteurs et de danseurs venus de Gafsa, Jendouba et Kasserine rendre hommage à la troupe nationale des arts populaires, créée il y a tout juste cinquante ans. Au programme, Zina El Gasrinia, les troupes des arts populaires de Kasserine et de Jendouba, Tlili El Gafsi et la troupe nationale.

Cette soirée a eu son public. Et l'idée de rendre hommage à la troupe nationale des arts populaires, qui a assuré un travail considérable dans la conservation, la promotion et l'évolution d'un patrimoine culturel, n'est que justice.

Mais c'est fou ce que la rigueur et la créativité nous manquent, quand on a envie de rendre à César... ! Cela avait tout l'air d'avoir été improvisé à la dernière minute.

Les artistes, égaux à eux-mêmes, n'ont fait que répondre à l'invitation et cela est à leur honneur. Ils sont passés tour à tour, respectant «le conducteur» d'une soirée qu'on ne peut, malheureusement, que qualifier de «boulimique».

Résultat, le public qui a eu sa dose de «cornemuse» tunisienne et de «tabla», a commencé à quitter le théâtre, bien avant l'arrivée en scène de la troupe vedette.

Quel gâchis ! Les organisateurs de ce genre de manifestations oublient, souvent, qu'une fois leurs caisses remplies, ils ont une réputation à gérer : celle, par exemple, d'un festival qui doit honorer une histoire avec un grand « H ».

Il ne suffit pas de « marquer le coup ». Un hommage se travaille à hauteur d'auteurs. A titre posthume ou pas, il doit aider à la redécouverte du « sujet » pour mieux l'apprécier et en connaître les ombres.

A-t-on oublié que bien avant la fameuse date du 14 janvier, le pays a vécu - entre autres -- une overdose de manifestations consacrées aux hommages ?! A quoi ont servi tous ces centenaires organisés de la même manière, pour nous faire oublier le temps et les malentendus?

Voilà qu'en post-révolution, les procédés restent inchangés. On continue à faire du remplissage et à couvrir de flatteries des «étalons précieux» qui ne demandent, pourtant, qu'à courir. Au lieu de retrouver leur identité, les festivals d'été ne font que la perdre, prétextant le manque de moyens.

Pourquoi ne pas faire peu et bien, selon une « philosophie » bien recadrée ? Quel rapport y a-t-il entre Sharrie Williams et Zina El Gasrinia ? Cette dernière a beau se comparer à Shakira, mais la scène élisabéthaine de Hammamet n'est pas l'espace qu'il lui faut.

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