A ceux qui sollicitent l'intervention de l'Etat pour mettre de l'ordre afin que les musulmans célèbrent la prière le même jour, Macky Sall indique que l'Etat ne peut rien décréter sans l'aval des religieux. Le manque de consensus sur la date de la fin du Ramadan au point que l'Aïd al-Fitr a été célébré samedi, dimanche et lundi au Sénégal, a suscité le débat.
Ainsi à ceux qui sollicitent l'intervention de l'Etat pour mettre de l'ordre, le président de la République apporte une réponse. Pour Macky Sall qui a prié hier, à la Grande mosquée de Dakar, dans ce domaine, l'Etat ne peut rien décréter. «Sauf si, précise le président de la République, les chefs religieux, les confréries, les grands Imams donnent à l'Etat ce pouvoir». En ce moment, poursuit-il, «nous pourrons nous donner les moyens, en consultation avec d'autres pays, et avec les moyens de l'astrologie pour, peut-être, arriver à éviter cette situation (plusieurs Korité, Ndlr)».
En attendant donc la décision des religieux, le chef de l'Etat se limite à ce que recommande la loi suprême dans le cas précis. «La foi est un domaine privé où la Constitution garantit la liberté pour chaque individu dans ses croyances. Donc, il appartient à chacun de prier le jour où il estime que c'est sa prière», a laissé entendre Macky Sall. Non sans inviter les Sénégalais à accepter cette division comme étant «le résultat de la liberté de chaque individu ou de chaque communauté».
Actualité oblige, le chef de l'Etat a, par ailleurs, axé une partie de son discours sur les inondations qui ont causé une dizaine de morts dans Dakar et sa banlieue. Et c'est pour annoncer la mise en oeuvre du Plan Orsec dans les prochains jours. «J'ai déjà instruit le gouvernement pour le déclenchement dans les tout prochains jours du plan organisation de secours (Orsec) dans le sens de la mise en place d'une veille permanente pendant ce qui nous reste de l'hivernage», a-t-il déclaré. Le rôle de ces équipes de veille sera, selon Sall, d'être en alerte maximale de «jour comme de nuit afin d'intervenir dès que des sinistres se produisent». Le chef de l'Etat de préciser, toutefois, que ces inondations sont un problème structurel qu'on ne peut pas résoudre dans l'intervalle d'un hivernage.
Plan Orsec
Les populations s'étant installées dans des zones de marécages en ce moment de cycle pluvieux, il s'agira, selon le président, d'apporter des réponses «les plus structurelles et les plus adéquates qui soient». Comment ? «Il s'agira de déloger certaines personnes qui sont dans des zones irrécupérables et les reloger dans des zones exondées. Mais aussi de faire en sorte que, dans certains quartiers, les restructurations puissent démarrer», répond Sall. Le président de la République promet, au passage, de se rendre personnellement sur le terrain pour, dit-il, «constater de visu et voir les mesures appropriées à mener dans ce cadre».
Interpellé sur la reprise des coupures d'électricité dans certains quartiers de la capitale, le chef de l'Etat oppose là aussi des «réponses structurelles durables». «Nous avons engagé des réformes dans ce sens et dans les prochains mois, vous constaterez que des réponses structurelles durables sont en train d'être prises» a-t-il dit. Selon le président, le Sénégal a un secteur électrique thermique. C'est-à-dire, «basé principalement sur l'utilisation de produits pétroliers que nous ne produisons pas. Il s'y ajoute, poursuit Sall, que la demande en énergie dépasse l'offre. Et chaque fois, nous essayons de rattraper cette demande au même moment que nous devons rattraper la demande de la production».
GREVE DES ENSEIGNANTS : Imam Samb invite Macky Sall à prendre la chicotte
Dans son sermon, Pape Alioune Moussa Samb, imam ratib de la Grande mosquée de Dakar n'a pas manqué de jeter des piques dans le jardin des enseignants syndicalistes. Pour Imam Samb, l'indemnité que réclament les enseignants ne peut justifier des grèves illimitées. Car, «l'enseignant est, avant tout, un parent d'élève. Il ne doit pas sacrifier les enfants qui sont l'avenir du pays», explique Samb en Wolof. Non sans inviter le chef de l'Etat à prendre des mesures à l'endroit de tous ceux qui se comportent comme des hors-la-loi. «C'est à vous qu'on a confié le pays et non à vos collaborateurs. Discutez avec tout le monde, concertez-vous avec tout le monde. Mais le dernier mot vous revient et c'est à vous de prendre des décisions et non vos collaborateurs», a dit Imam Samb au chef de l'Etat.
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