Les Nations Unies ont suspendu le processus d'enrôlement du commissaire Arona Sy dans sa mission de maintien de la paix au Darfour (Soudan), suite à la requête du collectif des organisations de défense des droits de l'homme du Sénégal auprès du Secrétaire général de l'Organisation, eu égard à son implication supposée dans les violences préélectorales en février-mars dernier.
Le commissaire ne participera pas finalement, du moins pour l'instant, à une mission de maintien de la paix des Nations Unies au Darfour. La ligue sénégalaise des droits humains (Lsdh), la rencontre africaine des droits de l'Homme (Raddho) et la section sénégalaise d'Amnesty international qui avaient attiré l'attention de l'organisation mondiale, via un courrier, sur le rôle central qu'aurait joué l'ancien commissaire central de Dakar dans les manifestations préélectorales de février-mars dernier, viennent d'obtenir gain de cause.
«Nous avons reçu des informations très fiables à travers nos réseaux que le processus d'enrôlement du commissaire Arona Sy dans une mission onusienne au Darfour a été suspendu», a déclaré Me Assane Dioma Ndiaye, coordonnateur de la Lsdh, très catégorique. Selon lui, l'Onu a décidé de suspendre ce processus en attendant «de voir plus clair sur ce qui s'est passé dans cette affaire». Arona Sy, actuellement conseiller technique au ministère de l'Intérieur, était chef du commissariat central de Dakar, lors des manifestations préélectorales qui ont fait une dizaine de morts dont celle de l'étudiant Mamadou Diop.
«C'est une question de principe. Notre mission c'est d'assister les victimes et les familles des victimes. Tous ceux qui sont cités dans des procédures judiciaires doivent rester à la disposition de la justice. Nous n'avons pas de fixation sur le commissaire Sy. Mais nous estimons que s'il est enrôlé dans une mission onusienne au Darfour, la justice sera entravée.
Car il sera loin du pays et il bénéficiera aussi d'une immunité. En plus, la plainte de l'avocat de la famille de l'étudiant Mamadou Diop le vise nommément», a précisé Me Ndiaye. Toutefois, ajoute l'avocat, «il bénéficie d'une présomption d'innocence mais de forts soupçons pèsent sur lui». Le coordonnateur de la Lsdh a aussi dénoncé les retards dans certaines procédures judiciaires notamment les plaintes des victimes et des familles des victimes lors des manifestations postélectorales.

Comments Post a comment