Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Kinshasa - La prolifération des «Malewa»

Les restaurants de fortune, communément appelés «Malewa», prolifèrent dans la ville de Kinshasa. Ils font l'affaire du Kinois moyen, dépourvu de moyens financiers. Mais, prévient un médecin, les aliments souillés sont un danger pour la santé humaine.

Les restaurants de fortune, communément appelés «Malewa», prolifèrent dans la ville de Kinshasa. C'est une conséquence de la crise socioéconomique à laquelle est confrontée la République démocratique du Congo. La situation est observée depuis plusieurs mois, voire des années.

A ciel ouvert, bâtis en triplex ou en tôles, ces restaurant sont érigés dans pratiquement tous les coins de la rue, dans les marchés, devant les bâtiments publics, etc. Ils font l'affaire du Kinois moyen, dépourvu de moyens financiers. Evidemment, les prix des mets qui y sont vendus sont à leur bourse.

«Nous préférons manger dans des Malewa parce que la nourriture y coûte moins cher et les prix sont accessibles à nos bourses. Sans oublier que nous pouvons y manger aussi à crédit», a fait savoir un mécanicien qui fréquent régulièrement ces restaurants de fortune.

Agé d'une vingtaine d'années, il habite la commune de Matete où, selon lui, à partir de 500 francs congolais on peut s'offrir un plat dans ces restaurants de fortune.

L'histoire des «Malewa»

Pour rappel, l'existence des «Malewa» remonte à une époque lointaine, et si notre mémoire ne nous trahit pas dans les années 80, c'est-à-dire sous la deuxième République.

Le pouvoir en place à cette époque ayant démissionné de ses responsabilités, le pouvoir d'achat de la majorité des Congolais a commencé à s'effriter. Situation qui s'est répercutée sur son vécu quotidien au point où nouer les deux bouts du mois ressemblait à un parcours du combattant.

Les «Malewa» sont tenus exclusivement par des dames âgées d'une vingtaine d'années, voire plus. Leur importance est fonction des moyens financiers de leurs propriétaires.

Au marché UPN, situé dans la commune de Ngaliema, avons-nous appris des responsables de ce lieu de négoce, il y une vingtaine de restaurants de fortune de différentes dimensions et appellations.

«J'emploie deux jeunes filles qui m'aide à faire la cuisine et à qui je paie 1,5 dollar américain à la fin de la journée», a fait savoir Mme Rose, propriétaire d'un «Malewa». Et d'ajouter : «La journée, nous pouvons préparer six plats ou plus, selon la demande des clients».

Sans transition, elle a fait valoir que grâce à un accueil chaleureux, aux soins mis dans la préparation des mets et à la rapidité de son service elle est arrivée à fidéliser ses clients, qu'ils soient jeunes ou vieux.

Conditions hygiéniques déplorables

Les conditions dans lesquelles est préparée la nourriture dans le «Malewa» suscitent beaucoup d'inquiétude. Généralement, la nourriture n'est pas bien couverte. Elle est ainsi exposée aux bactéries de toutes sortes, vecteurs par excellence des microbes.

Interrogée, Dr Cécile Kabwe a déclaré : «Les aliments souillés provoquent dans l'organisme humain, non seulement des vers mais aussi des maladies infectieuses graves, telles que la typhoïde, la dysenterie, le choléra, la tuberculose, etc.»

Parlant des assiettes utilisées dans ces «Malewa», elle a précisé que la plupart des maladies qui terrassent les Kinois sont celles dites des mains sales.

Il s'agit de la typhoïde, la dysenterie amibienne due à l'amibe dysentérique, se manifestant par la diarrhée avec douleurs et crampes et dont la transmission se fait par des mains sales, les mouches et les aliments souillés contenant des kystes.

A l'origine de ces microbes, a-t-elle notamment fait savoir, la consommation des aliments mal conservés qui nuisent à la santé.

«Pour éviter de fournir aux Kinois des aliments infectés, les tenancières des 'Malewa' doivent bien se laver les mains et bien conserver les aliments ainsi que les ustensiles qui servent à la préparation de la nourriture», conseille Dr Cécile Kabwe.

Ads by Google

Copyright © 2012 Le Potentiel. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 2,000 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 200 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.