Photo: Radio Okapi Kinshasa — A un mini sommet si important, Paul Kagame ne s'y est pas pointé. Le rendez-vous de Kampala II est vraisemblablement un raté, même si l'espoir est, par ailleurs, permis quant à la volonté des congolais de retrouver la paix, quoi qu'il en soit. L'absence somme toute suspecte du Président rwandais est un signe avant-coureur de ses intentions de ne souscrire à tous les schémas avancés qu'à la seule condition qu'il y trouve son compte. Le message à décrypter reste simple.
Concrètement, pour rétablir la paix dans la région de l'Est du Congo, Kigali, ainsi qu'il faut lire les signes des temps, veut, à tout prix, monter les enchères. C'est ici l'occasion de rappeler le contenu des propos de Kagame selon lesquels son pays, le Rwanda, serait, à son avis, une des parties à la solution. Autrefois, en effet, l'homme avait même osé dire que "si vous ne voulez pas que le Rwanda participe à la solution. Alors, oubliez-nous !", sur les antennes de Rfi.
Autrement dit, insistait-il, c'est son pays, le Rwanda, qui devait, en principe, assurer l'intercession entre la RD. Congo et le M23, si l'on veut aller loin, dans la recherche effrénée des issues à la grave crise qui déchire, depuis le mois d'avril 2012, cette partie "juteuse" de l'Est. De là, à penser que Kampala II était la panacée, n'est qu'une pure lésion dans un corps déjà tétanisé par le virus de l'infiltration des microbes de tous ordres. Comment, dans ce contexte marqué par l'obstination d'un "Chef voisin", sortir le Congo de l'auberge ? Comment également imaginer une autre solution, en dehors d'une pression réelle et conjuguée de la communauté des nations devant un tel entêtement ? Comment, enfin, arrêter la machine astucieusement manoeuvrée par un Kagame aux allures d'un insatiable, en dépit de toutes les richesses amassées impunément dans l'Est du Congo, avec la complicité, bien entendu, de certains fils égarés ?
Que faire devant l'impossibilité, pour le Congo-Kinshasa, d'imposer la paix par la force de son armée mais, surtout, face aux multiples conséquences aussi bien humanitaires que naturelles que procure la déstabilisation de cette partie de l'Est du pays sur le développement harmonieux des relations au sein de la Conférence Internationale de la Région des Grands Lacs ? Là où Yoweri Kaguta Museveni, l'un des présidents africains, plus proche de Kagame, a échoué, qui d'autre pourrait amener ce dernier à plier l'échine ?
Que des questions, sans réponses ! Autant que cette absence remarquable suscite des inquiétudes au sein de l'opinion congolaise sur la suite du feuilleton. Autant qu'elle postule, inexorablement, pour une démarche autrement plus coercitive du Conseil de Sécurité, pour qu'au bout de tous les efforts, que Kagame soit poussé, par la force des choses, à se dessaisir des intentions bellicistes. Et, même, la fameuse force internationale neutre inscrite à l'agenda de ce sommet de Kampala II aux nains résultats, n'aurait "mille chances" de réussir sa mission, le long de la frontière commune entre la RDC et le Rwanda, que si et seulement si, elle était plus combattive qu'observatrice.
Sinon, le malaise actuel ne saurait être qu'un réel cancer aux contours difficiles à maîtriser, quelle que soit la posologie des produits appliqués. Quel péché commettrait-on, si Hervé Ladsous, le Secrétaire Général Adjoint de l'Onu chargé des opérations de maintien de paix, annoncé pour aujourd'hui à Kinshasa, était saisi, en ces termes ? Le contraire n'est, en tout cas, que baliverne d'Alibaba.

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