Le pays avance-t-il réellement vers la sortie de crise ? Voilà une question bien embarrassante après quatre années de transition.
Le grand acquis de la période est la Feuille de route de sortie de crise signée en septembre de l'année dernière par la majorité des forces politiques.
Les années précédant ce mouvement d'ensemble sont marquées par les difficultés de rapprochement entre les forces antagonistes, l'absence de dialogue politique et les échecs de la médiation et les pauvres résultats des entités locales et internationales.
L'avènement de la Feuille de route est une vraie révolution dans cette ambiance de tension politique et sociale et de marasme économique. Mais si sa signature a été acquise dans la cohésion des Acteurs politiques comme une grande victoire, son application n'a pas respecté pourtant son esprit et sa lettre.
Le consensus et l'inclusion ont trop souvent été oubliés au profit des intérêts particuliers. De nombreuses décisions et lois adoptées et votées qui en ont découlé sont contestées politiquement pour leur unilatéralité.
La Feuille de route aura un an d'existence demain 17 septembre. Elle aura permis de mettre en place les institutions de la Transition. Mais le plus grand échec de l'Exécutif de la Transition jusqu'à présent est de ne pas être encore arrivé à appliquer les articles 16,17 19 et 20 sur le « RETOUR SANS CONDITION » des exilés politiques et la libération des prisonniers politiques, deux grandes conditions de l'apaisement.
Avec l'insécurité grandissante et l'aggravation des actions déstabilisantes des dahalo dans la partie méridionale de l'Ile, l'apaisement et la réconciliation s'éloignent plus qu'elles ne s'approchent.
Cela risque de repousser toujours davantage le retour des exilés politiques. Mais la situation qui prévaut aujourd'hui est-elle favorable à la tenue des élections dans six mois ?
Le calendrier électoral établi par la CENI-T et avalisé par les Nations Unies et partant la communauté internationale ne risque-t-il pas d'être reporté à cause du développement de l'insécurité dans plusieurs régions de l'Ile.
Il est certain que pour tout le monde, des élections sont nécessaires pour ramener le pays à l'ordre constitutionnel et le sortir de la crise mais lorsque la Feuille de route n'est pas appliquée comme il devrait l'être, dans son esprit et sa lettre, les risques sont énormes d'aboutir à des efforts vains et de se retrouver dans l'impasse.
Certains politiciens veulent remettre en question la Feuille de route à cause de ses faiblesses et les divisions qu'elle entraîne. La Sadc qui en est l'initiatrice devra décider avec force et rigueur entre lui rajouter ce qui lui manque ou l'abandonner carrément pour une autre Feuille de route et une nouvelle transition ? Un an après sa naissance, la Feuille de route se retrouve à la croisée des chemins.
Les forces politiques qui l'ont signée et celles qui ne l'ont pas signé cherchent toujours le bout du tunnel. Un avenir sans beaucoup de visibilité.

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