Notre Voie (Abidjan)

Cote d'Ivoire: Exactions à Gagnoa - Le MIDH condamne les agissemens des FRCI

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Le détachement des FRCI de la zone de GAGNOA mène depuis le mois d'août 2012 des opérations de sécurisation à la suite de nombreuses attaques perpétrées par des individus non encore identifiés contre les positions FRCI. Ces opérations ont conduit à de nombreuses exactions au nombre desquelles :

- Des détentions illégales et des traitements inhumains, cruels et dégradants: Village de BAYOTA, mardi 28 août 2012 : le secrétaire du chef du village de BAYOTA et le président des jeunes sont bastonnés dans le camp des FRCI puis transférés à la brigade de gendarmerie de OURAGAHIO ; mercredi 29 août 2012 des frères ROBE du village de LEBRE près de DIGNAGO sont détenus dans le camp FRCI pendant 3 jours);

- Des descentes nocturnes en violation des périodes légales de perquisition: le village de KOUASSILILIE a été visité à 01 heure du matin par un détachement des FRCI de LAKOTA) à la recherche d'armes et de mercenaires.

- Atteinte à l'intégrité physique ayant occasionnée la perte en vie humaine : le vendredi 14 septembre 2012, des éléments FRCI ont bastonné un villageois et le frère cadet du chef du village de TIPADIPA qui n'a pas survécu de ses blessures.

Observations

Le Mouvement Ivoirien des Droits Humains condamne avec force ces agissements des FRCI, présente ses voeux de prompt rétablissement aux blessés et ses vives condoléances aux parents du défunt.

Le MIDH rappelle que si la sécurisation du territoire est d'une importance capitale, il n'en demeure pas moins qu'elle doit se faire dans le strict respect des droits des populations et en considération des principes qui la gouverne.

Au demeurant, dans un État de droit, l'orthodoxie du maintien de l'ordre relève de la compétence exclusive des forces de police et de gendarmerie formées à cet effet.

Recommandations

Eu égard à ce qui précède, le MIDH fait au gouvernement ivoirien les recommandations suivantes :

- D'ouvrir diligemment des enquêtes sur ces cas de violations, de situer les responsabilités et traduire devant les juridictions compétentes les auteurs et de les exclure éventuellement des rangs des FRCI ;

- De rappeler et d'exiger à toutes autorités responsables des enquêtes ou poursuites, le strict respect des règles de procédures établies en Côte d'Ivoire ;

- D'assurer de façon constante, le renforcement des capacités des FRCI aux règles et à la déontologie militaire de même qu'au respect des valeurs des Droits Humains ;

- De réparer les préjudices subis par les victimes.

Le MIDH rappelle par la même occasion que de nombreuses enquêtes ouvertes par les autorités ivoiriennes, sont restées sans suite à ce jour (Meeting du FPI perturbé à Yopougon, 7 casques bleus tués dans l'ouest de la Côte d'Ivoire ; des attaques récurrentes des postes de polices et des tueries dans les casernes militaires ; le saccage du siège provisoire du FPI ; etc).

Fait à Abidjan, le 18 septembre 2012

Pour le MIDH

Le Président par intérim

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