Algérie: Un aperçu des défis humanitaires

Mogadiscio — Après deux décennies de guerre civile, la Somalie peut enfin entretenir l'espoir d'une paix durable. À la suite du retrait des insurgés d'Al-Shabab, en août, des milliers de personnes sont retournées dans la capitale, Mogadiscio, pour rebâtir leur vie. L'élection du nouveau président, en septembre, a été considérée par plusieurs comme le début d'une nouvelle ère pour le pays.

IRIN a interrogé des experts locaux et d'autres sources et analyse ci-dessous quelques indicateurs sanitaires et socio-économiques clés de la Somalie qui influenceront les progrès du pays vers la paix et la réconciliation. Infrastructures de santé : La Somalie est confrontée à nombreux défis en matière de santé, et notamment à l'absence d'un système national de santé efficace, selon l'ancien ministre de la Santé intérimaire Abdiaziz Sheikh Yusuf.

Après le renversement de l'ancien gouvernement, en 1991, des centaines de médecins et d'infirmières ont quitté le pays et les services médicaux ont été assumés par le secteur privé, les Nations Unies et les organisations non gouvernementales (ONG). Dans le nouveau gouvernement, dont la structure et la composition ont été annoncées le 4 novembre, la gestion de la santé relèvera du ministère du Développement social, qui sera dirigé par Maryan Qasim. Ce nouveau ministère s'occupera aussi de l'éducation, de la jeunesse et des sports.

Malnutrition : Au moins 28 pour cent de la population somalienne, soit environ 2,12 millions de personnes, vivent actuellement dans l'insécurité alimentaire, ce qui représente une baisse par rapport au niveau record atteint en 2011 avec plus de 4 millions de personnes. Environ 236 000 personnes souffrent de malnutrition aiguë et ont besoin d'un traitement nutritionnel spécialisé, selon un rapport de l'Unité d'analyse sur la sécurité alimentaire et la nutrition (Food Security and Nutrition Analysis Unit, FSNAU) publié le 26 septembre.

Même si le gouvernement n'est pas en mesure de fournir des chiffres exacts sur la prévalence nationale de la dénutrition, il est généralement admis qu'il s'agit d'un problème majeur dans le pays. Lul Mohamud Mohamed, un pédiatre de Mogadiscio, a dit à IRIN que la malnutrition était aggravée par des maladies comme la rougeole.

Mortalité infantile : Selon le rapport sur la situation des enfants dans le monde 2012 du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), la Somalie est le pays où le taux de mortalité des moins de cinq ans est le plus élevé au monde. Les enfants n'ont accès qu'à une faible couverture sanitaire et à des soins de santé de mauvaise qualité. Ils sont aussi confrontés à de faibles taux de vaccination, à des niveaux élevés de malnutrition et à des épidémies fréquentes.

Eau potable: Selon le rapport de l'UNICEF, 30 pour cent seulement de la population somalienne a accès à des sources d'eau potable améliorées et 23 pour cent, à des installations sanitaires améliorées. Le gouvernement ignore le nombre exact de Somaliens qui n'ont pas accès à l'eau potable, mais M. Yusuf, l'ancien ministre de la Santé intérimaire, a dit à IRIN qu'il n'y avait pas suffisamment de puits dans le pays et qu'il s'agissait là d'un des principaux défis que devra relever le nouveau gouvernement.

Réfugiés et PDIP : La Somalie est toujours le pays de la Corne de l'Afrique qui génère le plus grand nombre de réfugiés, principalement en raison de l'insécurité ambiante. Selon des données datées du 31 octobre, plus d'un million de personnes ont fui la Somalie pour se réfugier dans les pays voisins ; la moitié d'entre elles ont été accueillies par le Kenya, notamment dans les camps de Dadaab, dans l'est du pays. Le reste des réfugiés se sont dirigés vers des pays comme le Yémen, l'Éthiopie et l'Ouganda, selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR). On estime à 1,36 million le nombre de Somaliens déplacés à l'intérieur de leur propre pays (PDIP), principalement dans les régions du sud et du centre. Selon l'UNICEF, environ 27 pour cent des Somaliens (soit environ 2 millions de personnes, dont la moitié sont des enfants) sont toujours en situation de crise humanitaire.

Liberté de presse : Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), la Somalie est l'un des endroits les plus dangereux au monde pour la pratique du journalisme. D'après l'Union nationale des journalistes somaliens (NUSOJ), 18 journalistes ont été tués et 20 autres ont été blessés dans des attaques cette année. Les assassinats ont été attribués aux militants d'Al-Qaida, qui contrôlent encore de nombreuses régions rurales du sud et du centre du pays, même si le groupe insurgé n'en a pas revendiqué la responsabilité.

Femmes et politique : La constitution somalienne rend obligatoire la participation des femmes au parlement dans une proportion de 30 pour cent, mais elles représentent, pour l'heure, seulement 15 pour cent des députés. Dans le nouveau cabinet, récemment dévoilé, deux des 10 ministres annoncés sont des femmes : Mme Qasim sera la nouvelle ministre du Développement social et Fauzia Yusuf Haji Aden dirigera le ministère des Affaires étrangères, un portefeuille important. Ces nominations doivent encore être ratifiées par le parlement somalien.

Agriculture : La Somalie a une superficie d'environ 637 657 kilomètres carrés, dont 70 pour cent sont considérés comme des 'terres agricoles', c'est-à-dire qui conviennent à l'agriculture et au pâturage, selon les données de la Banque mondiale. Pourtant, seulement 1,6 pour cent de la superficie totale est arable, d'après Hussein Haji, expert agricole et directeur général du Somali Agricultural Technical Group (SATG). Dix pour cent seulement des terres arables sont actuellement cultivées, et les fermiers des zones de culture du sorgho et du maïs de Bay et de Bakool dépendent de l'agriculture pluviale.

La Somalie se remet de deux décennies de guerre

M. Haji estime que l'agriculture contribue à hauteur de 40 pour cent au produit national brut (PNB) de la Somalie. Les tomates, les oignons et le sésame sont quelques-unes des cultures commerciales de la Somalie, et le pays produit également du blé, du riz, du maïs, de l'orge, de l'avoine, du seigle, du millet, du sorgho, du sarrasin et des céréales mélangées récoltées en grains secs seulement.

Les quantités produites sont cependant très faibles parce que les agriculteurs n'ont pas accès à des systèmes d'irrigation et à des intrants de qualité, a dit M. Haji. Par exemple, entre 2007 et 2011, le rendement céréalier de la Somalie était de 432 kilogrammes par hectare de terre récoltée, contre 5 358 en Autriche et 1 674 en Éthiopie, selon les données de la Banque mondiale.

Élevage : Selon les estimations du ministère de l'Agriculture et de l'Élevage, la Somalie compte environ 60 millions de têtes de bétail. Le pays exporte du bétail, principalement des chèvres, vers la péninsule arabique, et la viande est aussi consommée localement. L'élevage est la principale activité économique dans la plupart des régions du centre du pays, ainsi que dans la région autonome autodéclarée du Puntland, dans le nord-est de la Somalie, et la république autodéclarée du Somaliland.

Pêche et tourisme : La Somalie dispose d'environ 3 300 kilomètres de côtes. Cet atout, s'il était davantage exploité, pourrait contribuer à améliorer l'économie du pays. Le pays pourrait en effet se nourrir lui-même si les pêcheurs somaliens étaient mieux formés et mieux équipés, a dit à IRIN Mohamed Sheikh Ahmed, économiste et chargé de cours à l'université SIMAD, basée à Mogadiscio. M. Ahmed a également ajouté que le littoral, avec ses plages immaculées, pourrait être utilisé pour développer le secteur du tourisme. « Dans certaines parties du pays, on peut voir des forêts qui semblent presque se jeter dans la mer tandis que des chameaux broutent à proximité. C'est magnifique, et ça pourrait devenir une attraction touristique », a-t-il dit. Le climat d'insécurité demeure toutefois un obstacle important.

Jeunesse : Les jeunes représentent une grande partie de la population somalienne. En effet, environ 42 pour cent des Somaliens ont entre 14 et 29 ans. La majorité des jeunes sont désoeuvrés : le taux de chômage de cette frange de la population, qui est de 67 pour cent, est l'un des plus élevés au monde, selon l'édition 2012 du Rapport sur le développement humain en Somalie du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Il faut donner des opportunités aux jeunes, « car l'exclusion, le ressentiment et les doléances entraînent souvent l'escalade des conflits et l'adoption de comportements risqués », indique le rapport.

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