Le Potentiel (Kinshasa)

10 Novembre 2012

Congo-Kinshasa: Rien que le droit

L'élection des gouverneurs du Bas-Congo et de la Province Orientale a provoqué des remous au sein de la Majorité. Des contestations sur la régularité des scrutins avaient été dénoncées en son temps à Kisangani et à Matadi.

La famille politique du chef de l'Etat, «lésée», avait promis de saisir les instances judiciaires pour obtenir réparation. Au final, seul Deo Nkusu, candidat malheureux dans le Bas-Congo est à l'oeuvre, en déposant un recours auprès de la Cour d'appel de Matadi.

La justice, qui est appelée à se prononcer sur le dossier, est invitée à produire un travail qui fait appel au droit. Les juges sont donc astreints, dans le cas d'espèce, à ne se soumettre qu'à l'autorité de la loi.

Sans fioritures, le comportement des juges sera suivi avec une attention particulière. Ne dit-on pas que la justice élève une nation ?

Il serait un sujet de honte nationale si la décision issue de cette confrontation attise davantage d'appréhensions contre l'appareil judiciaire de la République démocratique du Congo.

Dans le cas sous examen, les députés provinciaux se sont prononcés par un vote. La justice devra en tenir compte. Et, sans complaisance, encore moins loin de toute pression, dire en n'ayant recours qu'à la loi suivant des éléments objectifs leur fournis par les parties en conflit.

Dans le cas où des irrégularités auraient été constatées, il revient à la justice de décider, sur la base d'un argumentaire ayant comme source exclusive le droit.

Les pressions politique, d'argent ou sociale ne peuvent pas infléchir la manière de dire le droit. La nation n'attend pas voir la justice désigner le gouverneur de la province du Bas-Congo. De même, la nation ne voudrait pas d'un gouverneur élu dans un cafouillage. La loi a tout prévu. Il ne reste plus qu'à la justice de l'interpréter.

Aucune autre autorité ne peut s'interposer entre le juge et la loi. L'ultime conviction des juges, conformément aux prescrits de la loi, devra prendre le dessus sur tout.

Il faut insister sur le fait que la Majorité ne tient pas à opérer sa propre déstabilisation en Province Orientale. Les candidats malheureux ont décidé de ne pas porter la question devant des instances judiciaires. Dans les tout prochains jours, le nom du gouverneur sera définitivement connu.

Un message destiné sans doute à atténuer une quelconque pression sur la justice en vue de lui permettre de faire valoir son indépendance.

Toujours est-il que la Majorité a pu finalement digérer l'échec du double scrutin des 28 et 31 octobre 2012. Les linges sales ayant été lavés en famille, elle a désormais le regard tourné vers l'avenir, consciente de l'urgence de resserrer ses rangs autour de son autorité morale pour éviter que pareille déroute ne se répète dans une course électorale.

C'est donc en toute indépendance que la justice ouvre le débat sur les recours en contestation de dernières élections de gouverneurs de province du Bas-Congo et Orientale. A elle de bien dire le droit en toute objectivité.

Ads by Google

Copyright © 2012 Le Potentiel. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 2,000 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 200 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.