Kinshasa — La République d'Angola a soufflé, hier dimanche 11 novembre, sur les bougies de ses 37 ans d'indépendance. Mais, les festivités commémoratives auront lieu ce lundi 12 novembre dans la soirée, à cause du caractère sacré du jour de dimanche.
A cette occasion, l'ambassadeur plénipotentiaire de la République d'Angola en République démocratique du Congo a animé une conférence de presse, le samedi 10 novembre 2012 en sa résidence sur toutes les questions d'actualités intéressant son pays et le continent africain.
Les relations angolo-congolaises, la position de Luanda face à la guerre d'agression dont la Rdc est victime dans sa partie Est, l'accord pour l'exploitation commune du pétrole du plateau continental, la présence de l'armée angolaise sur le sol congolais, l'expulsion récurrente des Congolais d'Angola..., bref, tout a été passé en revue avec le représentant de l'Etat angolais à Kinshasa.
D'abord, l'ambassadeur Emilio Guerra a fait le point sur les festivités commémoratives du 37ème anniversaire de l'indépendance de son pays.
L'état des lieux des institutions républicaines angolaises issues des dernières élections générales, l'exploitation des ressources nationales angolaises, le programme de construction des infrastructures ... font également partie des points évoqués par l'ambassadeur au cours du face-à-face avec la presse congolaise.
Le pétrole et le diamant au top
Parlant de l'exploitation des ressources, l'ambassadeur angolais a fait remarquer que malgré les nombreuses ressources naturelles dont dispose l'Angola, le pétrole et le diamant ont actuellement pris le dessus sur les autres richesses du pays.
Ce sont des richesses épuisables, s'est-il exclamé. Avant d'émettre le voeu de voir les dirigeants développer d'autres secteurs de richesses dont dispose le pays.
Concernant l'industrie de transformation, il a indiqué que l'Angola compte à ce jour 750 entreprises privées, avec une croissance de 8%.
Dans le domaine de l'urbanisme et habitat, le gouvernement s'est lancé il y a quatre ans, avec l'appui de quelques privés, dans la construction des infrastructures.
350.000 maisons tous types (dont plus de 280.000 appartenant à l'Etat), 2.920 kilomètres de chemins de fer, 6.404 kilomètres de routes asphaltées, 430 ponts construits et réhabilités, 9 aéroports dont 2 internationaux ... ont été construits entre 2008 et 2012.
L'Angola n'a aucune velléité d'expansion territoriale
Répondant à la question sur la présence de l'armée angolaise sur le sol congolais notamment dans le territoire de Tshela (Bas-Congo), l'ambassadeur n'a pas nié le fait. Il a indiqué que ce n'est pas dans le but d'occuper une quelconque portion de terre de la Rdc. L'Angola exerce tout simplement le droit de poursuite. L'armée traque des rebelles de FLEC qui auraient établi une base arrière en Rdc.
«Comment expliquer qu'un pays ami puisse abriter une armée rebelle sur son territoire pour attaquer un pays voisin ?», s'est-il interrogé.
Concernant la guerre de l'Est, il a indiqué qu'une intervention militaire angolaise est à exclure pour le moment, aussi longtemps que toutes les voies diplomatiques ne sont pas encore épuisées. Avant de lâcher : la question congolaise a beaucoup d'implications qui remontent jusqu'au niveau des Nations Unies. Conclusion de l'ambassadeur : «L'intervention militaire risquera d'alourdir davantage le nombre de morts. Elle serait catastrophique».
Pour clore ce chapitre, l'ambassadeur conseille aux dirigeants d'activer leur diplomatie en prenant surtout langue avec ceux qui alimentent le M23 pour mettre fin à l'occupation du pays. Pour lui, l'option diplomatique doit être privilégiée en lieu et place de celle militaire aux conséquences incalculables.
Parlant des risques de partition de la RDC, il a juré que l'Angola ne peut jamais cautionner cela. Car, accepter le démembrement du Congo, c'est ouvrir la voie à la déstabilisation de l'ensemble de l'Afrique.
D'où, l'Angola n'acceptera jamais le démembrement de la Rdc.
La déclaration de Mende était sans fondement
Concernant l'exploitation commune du pétrole, l'orateur s'est fait relayer par l'un de ses collaborateurs pour apporter la lumière sur cette question qui fait couler beaucoup d'encre et de salive.
On retient de la réaction angolaise que l'accord d'AZEP n'a jamais été exécuté. Ici, l'Angola fait savoir qu'avant de jouir, il faut d'abord investir. Le pétrole étant dans l'océan, le Congo doit investir des moyens pour parvenir à son exploitation. Or, le Congo n'a jamais fait un geste pour parvenir à cette fin.
Contrairement à la déclaration faite devant la tribune de l'Assemblée nationale en 2007 par Mende, alors ministre des Hydrocarbures, selon laquelle l'Angola avait accepté de verser 600 millions dollars à la Rdc par an dans le cadre de l'accord AZEP, a rétorqué l'intervenant, il n'en est rien.
Enfin, il a rappelé que la Rdc avait déposé une plainte à ce sujet. Et l'Angola avait fait de même. On attend, donc la réponse de la commission ad hoc. Toutefois, a-t-il précisé, l'Angola ne bloque rien.
Le désengagement de l'Angola du marché congolais, notamment la cessation des vols de sa compagnie aérienne TAG et la SONANGOL, a été évoqué.
Pour les vols TAG, l'ambassadeur Emilio Guerra a fait savoir que le blocage ne venait pas du côté angolais, mais, plutôt du côté de la Rdc qui posait beaucoup de préalables. La question serait à l'étude pour une éventuelle reprise des vols.
Quant au désengagement de l'entreprise pétrolière SONANGOL, c'est un problème lié au climat des affaires, a laissé entendre l'ambassadeur.

Comments Post a comment