11 Novembre 2012

Kenya: Jeune, femme et prête à diriger

Photo: Elkana Jacob/The Star
Uhuru Kenyatta et William Ruto.

A 28 ans, Kingwa Kamenchu est la plus jeune des candidats à la prochaine élection présidentielle au Kenya. Membre du Parti travailliste de son pays, elle n'utilise pas seulement tout son élan pour gagner l'élection en mars 2013 : elle a également l'intention de diriger le pays en vue d'un futur prospère.

"Je me suis intéressée à la politique il y a 10 ans, alors que j'étais étudiante en licence à l'Université de Nairobi", dit Kingwa Kamenchu. "Je me suis présentée pour être trésorière quand j'étais en première année et à la présidence en seconde année. Je n'ai pas été élue, mais cela m'a permis d'être impliquée et d'apprendre beaucoup."

"J'ai continué à suivre la politique. Je ne me suis pas présentée aux élections générales de 2002, bien que de nombreuses personnes m'y avaient poussé", reconnaît la jeune femme. "Je sentais que ce n'était pas le moment. Cependant, j'ai soutenu certains de mes collègues qui se présentaient."

Intégration à l'African Society

Kingwa Kamenchu a quitté le Kenya en 2009 pour suivre un master en Etudes africaines à l'Université d'Oxford. Pendant son séjour au Royaume-Uni, elle s'est intégrée à l'African Society, une organisation où les étudiants africains discutent de sujets concernant leur continent.

"Le point de mire était l'organisation de conférences panafricaines, dit Kingwa Kamenchu. Cela a rassemblé les étudiants. Ces conférences ont influencé ma décision de me présenter à la présidentielle. J'ai décidé que je voulais faire quelque chose qui aurait une influence positive."

Voir plus loin que les questions tribales

La campagne présidentielle de Kingwa Kamenchu se focalise sur un certain nombre de problèmes qu'elle pense prioritaires. "Une des questions principales est comment réduire le chômage, dit-elle. Il y a également le problème des terres qui ont causé beaucoup de conflits dans les provinces."

Les analystes politiques ont noté que les problèmes relatifs aux terres ont contribué au développement des violences postélectorales de fin 2007. Des mesures de réforme des terres ont été mises en place dans la nouvelle Constitution sous la présidence de l'actuel président Mwai Kibaki, il y a quelques années. Cependant, le Kenya est toujours confronté au problème des déplacés, qui ne sont toujours pas rentrés chez eux depuis les violences postélectorales.

Kamenchu espère que sa campagne présidentielle fournira de nouvelles solutions aux problèmes du pays : "Nous voulons faire les choses différement. Etre un peu plus innovateur au niveau des solutions que nous préconisons", dit-elle. "Le fait de régler les problèmes sur les bases tribales a abimé notre tissu social. Nous voulons voir plus loin que ces questions tribales."

Les médias sociaux pour mener campagne

La campagne présidentielle de Kamenchu fait également beaucoup usage de Facebook et Twitter pour atteindre les électeurs. Contrairement aux campagnes précédentes, l'utilisation des médias sociaux par les personnalités politiques est maintenant un outil de grande importance pour véhiculer les messages, en particulier au sein de la jeunesse urbaine.

Un outil dont elle a besoin, étant donné son manque d'expérience politique. "Je viens juste de finir mes études. Je n'ai pas encore exercé un vrai travail, dit Kamenchu. Je réussi à vivre avec le soutien de partisans. Je ne prétends par avoir autant d'expérience que mes concurrents. Mais je crois qu'avec mes années d'études politiques, je suis prête à me lancer dans la politique nationale."

Louanges et reproches

"Elle est une bonne inspiration pour les femmes, en particulier les jeunes", dit Teresiah Njeri, étudiante à l'université de Nairobi. Mais les ambitions politiques de Kamenchu ne sont pas bien vues par tout le monde. "Moi je soutiens Raila Odinga, témoigne Bernard Michael, étudiant à Nairobi. Mais pour ce qui est de Kamenchu, je la trouve trop émotionnelle. Et puis je ne l'ai pas vu activement participer à des projets pour aider les pauvres."

Dans une réaction, Kamenchu explique : "J'ai pleuré lors de la première conférence de presse et les gens en font toute une histoire. La raison pour laquelle j'ai pleuré est que j'avais parlé de deux amis à moi qui sont morts. Les choses tristes nous font mal."

Kamenchu est toutefois convaincue que sa campagne se concentre sur les pauvres : "Partout où je vais, je parle des marginalisés. Il y a certainement beaucoup plus que nous pouvons faire", conclut-elle.

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