Mauritanie: Des députés mauritaniens réclament de la transparence sur la vacance du pouvoir

Alors que cela fera un mois demain que le président mauritanien est en convalescence en France, la session ordinaire du Parlement a été ouverte hier à Nouakchott en Mauritanie.

Le président de l'Assemblée nationale a appelé à l'union des Mauritaniens et de la classe politique face à la double menace des « dangers de dérapage » suscitée par l'absence du président, et de l'intervention militaire à venir au Mali voisin. Mais, dans la foulée, les députés de la Coordination de l'opposition démocratique (COD), ont officiellement interpellé le Premier ministre pour qu'il s'explique devant l'Assemblée sur l'absence du président et ses conséquences sur la gestion de l'Etat.

En interpellant le Premier ministre, les députés de l'opposition affiliés à la Coordination de l'opposition démocratique veulent obtenir des explications sur trois points : les circonstances du tir qui a blessé le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, la réalité de son état de santé, ainsi que savoir qui gère l'Etat en son absence.

Pour Sid'Ahmed Ould Ahmed, président du groupe de l'Union pour la République (UPR), parti au pouvoir, le Premier ministre Moulaye Ould Mohamed Laghdaf n'est pas obligé de répondre : « Je pense qu'il n'est pas tenu de répondre à cette interpellation. Le législateur dit que le Premier ministre doit être interpellé par rapport aux questions relatives à la politique générale. Ceci est une situation qui est née suite à un accident et un accident est une situation conjoncturelle.

Donc par définition, il ne peut pas faire partie d'une politique générale. » « Cette interpellation n'a aucun sens parce que l'état de santé du président n'est pas un sujet tabou. Et il ne revient pas à l'opposition de poser ce problème. L'idée sous-jacente est qu'ils pensent qu'ils peuvent mettre à profit la maladie du président pour en tirer des profits sur le plan politique. »

Pour le député Salek Ould Sidi Mahmoud, auteur de l'interpellation, il est au contraire urgent que le Premier ministre s'explique : « Je pense que, légalement, il est tenu de le faire parce que je ne pense pas qu'il y a une question aussi importante que celle-ci. Maintenant, le plus urgent pour la Mauritanie, c'est de constater la vacance du pouvoir et de faire une période transitoire.

Eux, ils veulent faire semblant que le train de l'Etat marche et qu'il n'y a pas de problèmes, mais s'ils refusent de venir, c'est-à-dire qu'ils veulent occulter la réalité. C'est ce flou que nous craignons parce que notre pays est géré dans le flou, dans l'opacité. Moi je fais mon devoir en tant que député d'éclairer l'opinion. » La tenue des débats est désormais entre les mains de la conférence des présidents qui doit établir le calendrier de la session.

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