Poursuite des réformes, création d'emplois, lutte contre l'inflation... Les notes du Fonds monétaire international (FMI) à l'issue de sa dernière mission en Algérie n'ont rien de nouveau par rapport aux remarques émises lors des précédentes visites. La diversification de l'économie, la poursuite des réformes structurelles, la création d'emplois, la lutte contre l'inflation dont le taux est le plus élevé depuis quinze ans et l'amélioration de la gestion des dépenses publiques sont les principales recommandations du Fonds.
Dévoilés dimanche dernier, lors d'une conférence de presse, les conseils du FMI ont été à nouveau évoqués hier sur les ondes de la chaîne III de la Radio nationale par Zine Zeidane, chef de la délégation du FMI à Alger. Ce sont pratiquement les mêmes orientations qui reviennent ces dernières années. Un signe qui montre que peu de changements positifs ont eu lieu dans ces dossiers, lesquels, continuent à constituer les principaux défis en attente d'être relevés.
Concernant l'emploi par exemple, M. Zeidane estime important de s'attaquer au problème du chômage notamment chez les jeunes et les femmes. «Pour 2013 il faut absolument s'attaquer au problème du chômage par l'orientation de la dépense publique», dira-t-il. Comment ? En encourageant l'investissement hors hydrocarbures.
D'après le chef de la délégation du FMI, le secteur hors hydrocarbures peut être d'un grand apport dans la réduction du chômage. Et ce, d'autant que beaucoup d'opportunités se présentent dans ce domaine. L'Algérie a en effet, selon Zine Zeidane, un potentiel considérable dans la pétrochimie grâce au gaz. De même dans la sidérurgie, l'industrie pharmaceutique, le tourisme et les nouvelles technologies de communication et d'information (Ntic). «Le développement de la 3G et de la 4G va créer des possibilités de croissance très fortes. Il en est de même pour l'agro-industrie. C'est également une question de sécurité alimentaire dans le long et moyen terme», a-t-il noté sur les ondes de la chaîne III.
Et de rappeler qu'en dépit des efforts consentis en matière d'amélioration du climat des affaires (foncier, guichet unique), la bataille de l'investissement productif n'est pas encore gagnée au moment où les capacités du secteur public s'amenuisent, selon le représentant du FMI. Même le marché boursier ne fonctionne pas en Algérie, a-t-il constaté. Censé jouer un rôle dans la relance de l'investissement, la Bourse reste à un niveau très bas par rapport à ce qui se fait dans d'autres pays de la région, de l'avis de M. Zeidane. Ce dernier n'a pas manqué de relever des points négatifs sur la gestion des dépenses publiques préconisant la mise en oeuvre d'outils assurant l'efficacité de ces dépenses et de consolider le budget comme c'est le cas dans le projet de loi de finances 2013 adopté dimanche par le Parlement.
Ce projet va, de l'avis du représentant du FMI, dans la bonne direction. Toutefois, il reste à maîtriser les dépenses en préservant celles relatives à l'investissement. Il y a lieu également de diversifier les sources de revenus. Au sujet de la crise économique, il estime que les réserves de changes de l'Algérie évalués à 194 milliards de dollars lui permettent d'assurer 38 mois d'importation en cette période d'incertitudes économiques.
Aucun pays, selon lui, ne sortira indemne si la crise économique perdure. «L'Algérie en particulier. Les principales exportations d'hydrocarbures, le gaz surtout, sont orientées vers l'Europe du sud, un des principaux partenaires commerciaux de l'Algérie. S'il y a une crise, elle sera ressentie d'une certaine manière en Algérie. L'Algérie devrait s'ouvrir sur d'autres marchés. Le marché de l'Afrique subsaharienne est très important. Le marché domestique algérien a un potentiel considérable. La demande intérieure est forte», dira-t-il dans ce cadre.

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