La Tribune (Algiers)

12 Novembre 2012

Algérie: Medelci réitère le refus de l'Algérie de la «solution exclusivement militaire» au Mali

Au moment où le bruit de bottes se fait entendre au nord du Mali, et où des dirigeants de 15 pays africains réunis dimanche à Abuja se sont mis d'accord sur l'envoi au Mali d'une force militaire internationale de «3 300 soldats» pour «un an», afin de reconquérir le nord du pays occupé par des groupes islamistes armés, l'Algérie a réitéré son refus d'une intervention militaire.

Le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, fait savoir, que l'Algérie n'est pas convaincue qu'une solution «exclusivement militaire» mènerait le Mali à la paix et à l'unité, tout en affirmant que, la question du terrorisme doit être prise en charge par les pays directement concernés.

Le chef de la diplomatie algérienne dans un entretien paru dans le dernier numéro de l'hebdomadaire Jeune Afrique, a, tout en affirmant que l'intangibilité des frontières et l'unité territoriale ne «sont pas négociables», fait remarquer que depuis l'indépendance de ce pays, les Touareg ont eu maille à partir avec le pouvoir central de Bamako, et les cinquante dernières années ont été marquées par une succession de rébellions.

«Les porteurs de cette revendication ne sauraient être mis sur le même pied que les terroristes et les narcotrafiquants», a-t-il souligné, considérant comme une «affaire malo-malienne» toute autre revendication qui concernerait, par exemple, la mise en oeuvre de la Charia dans ce pays frontalier.Invité à répondre à certains «observateurs» qui critiquent «l'immobilisme» de la diplomatie algérienne dans le dossier malien, M. Medelci a affirmé qu'il vivait «plutôt bien» ces reproches. «L'intérêt porté à notre action est vécu comme un hommage à notre diplomatie et prouve que la voix de l'Algérie porte. Nous ne sommes pas atypiques, mais constants.

À la constance j'ajouterais la cohérence», a-t-il rétorqué.S'agissant de la relation bilatérale Algérie-France, Mourad Medelci, a affirmé que la visite en Algérie du président français, François Hollande, prévue pour décembre prochain, «devrait constituer une opportunité de faire le bilan de ce qui a été réalisé entre 2007 et 2011, et d'arrêter les objectifs pour les cinq années à venir».Pour M. Medelci, le fait que ce déplacement dont la date officielle n'a pas encore été communiquée, intervient dans une conjoncture délicate marquée par les conséquences de la crise libyenne, de la situation dans la bande sahélo-saharienne, particulièrement au Mali, donnera à cette visite un «cachet éminemment politique».

Le ministre des Affaires étrangères a toutefois relevé que les relations algéro-françaises sont «trop anciennes, trop importantes et trop denses pour être jugées à l'aune des conjonctures». «Il est vrai qu'elles (les relations Ndlr) ont connu quelques soubresauts, traversées parfois de zones de turbulences.»«Mais aujourd'hui nous abordons une nouvelle phase», a-t-il assuré, signalant que la coopération entre Alger et Paris est «très dense» et qu'elle est organisée par cycles quinquennaux. À la question de savoir si les questions mémorielles seront abordées lors de cette visite, il a indiqué qu'il est «difficile» de ne pas les aborder, «même si elles ne figurent pas à l'ordre du jour». «Ces questions n'intéressent pas uniquement les gouvernements, mais aussi les opinions publiques.

Cette visite pourrait créer les conditions favorables à une réappropriation de notre mémoire commune», a expliqué le ministre. Interrogé enfin sur la «paralysie» de l'UMA du fait de la question sahraouie, il a signalé que cette dernière est antérieure à la création de l'Union et qu'elle figure sur l'agenda du Comité de décolonisation de l'ONU depuis 1964, alors que la naissance de l'UMA date de 1989.M. Medelci expliquait le report du Sommet de l'UMA prévu en octobre dernier, sans que cette échéance ne soit «consensuelle». «On ne peut pas lier la préparation d'un Sommet de l'UMA à l'évolution de ce dossier (sahraoui), qui n'a jamais été inscrit au planning de l'Organisation, laquelle est chargée de questions exclusivement plurilatérales», a-t-il précisé, ajoutant qu'il (le dossier) «n'apparaîtra pas dans les discussions bilatérales avec nos frères marocains, pour la simple raison que le sujet se traite dans un cadre onusien».

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