La manifestation estudiantine dans la capitale du Nord, a pris une tournure grave. Les forces de l'ordre ont endigué la descente des étudiants dans les rues.
L'affrontement. Les étudiants grévistes sont descendus dans les rues d'Antsiranana, comme ils le voulaient depuis quelques jours, ce malgré les médiations des différentes autorités locales. Bilan : quatre étudiants sont arrêtés et retenus au camp de la gendarmerie, section des recherches, pour enquête.
Hier, matin, les meneurs de la grève ont réuni les manifestants devant le bloc G du campus, alors qu'ils avaient rendez-vous avec le chef de la région Diana, dans l'après-midi vers 16 h, pour la poursuite des négociations. Comme d'habitude, ils ont obligé les étudiants récalcitrants à grossir les rangs des grévistes. Ils ont même tenté de convaincre les élèves du lycée mixte à rejoindre leur manifestation, mais les éléments de l'Emmo-rég les ont dissuadés. Dans leur descente dans les rues d'Antsiranana, les étudiants grévistes ont renversé à leur passage les étals de certains marchands. Auparavant, une plainte a été déposée au commissariat central par des habitants du quartier Lazaret-Nord pour vol de volailles et de chèvres par des manifestants.
Tirs en l'air
En fait, les forces de l'ordre avaient déjà averti les grévistes qu'elles ne toléreraient pas leur sortie dans la ville, et que, le cas échéant, elles procéderaient à des arrestations. Aussi, les éléments de l'Emmo-rég ont-ils lancé des bombes lacrymogènes et tiré en l'air pour obliger les manifestants à se replier dans le campus universitaire.
« Comme certains étudiants ont commis des chapardages, voire des vols, et ont perturbé l'ordre public, la franchise universitaire ne tient plus et nous pouvons arrêter les fauteurs de troubles », a déclaré un officier de l'Emmo-rég.
L'enceinte de l'université est presque déserte, en ce moment, car la plupart des étudiants se sont réfugiés chez des proches en ville, ou se sont terrés ailleurs.
Face à la situation, les responsables de la sécurité au sein de l'Organe mixte de conception (OMC) et ceux de l'Université Nord d'Anstiranana se sont réunis, hier après-midi, sous la direction du chef de région, Romuald Bezara. Un communiqué a été publié concernant les évènements de lundi et d'hier. À cette occasion, le premier responsable de la région a sommé les étudiants d'enlever immédiatement les barrages qu'ils ont érigés.
« Les formalités administratives au sujet des bourses sont achevées. Il nous reste la réception des dossiers pour distribuer l'argent », a précisé Romuald Bezara.
En outre, il a dénoncé, lors de son intervention télévisée, les agissements d'un enseignant qu'il a qualifié de « cerveau » de la manifestation estudiantine.
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