La CEDEAO adopte une double approche pour une sortie de crise

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Abuja - Nigeria — Les chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO ont adopté, le 10 novembre 2012 à Abuja, le Concept harmonisé des opérations pour le déploiement d'une force internationale au Mali sous conduite africaine et ont demandé au Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine d'entériner ledit concept en vue de sa transmission aux Nations unies dans le délai de 45 jours prescrit par la Résolution 2071 du Conseil de sécurité de l’ONU.

Dans un communiqué publié à l'issue de leur sommet extraordinaire sur le Mali, les chefs d’Etat de la CEDEAO ont exhorté le Conseil de sécurité à procéder à l’examen du Concept en vue d'autoriser le déploiement de la Force militaire internationale au Mali conformément au chapitre VII de la Charte des Nations unies. Le Concept a été élaboré par des experts militaires de la CEDEAO, de l'Union africaine, de l'Union européenne, des Nations unies et d'autres partenaires au cours d'une réunion tenue à Bamako, puis il a été examiné par les chefs d’état- major régionaux lors de leur réunion tenue également au Mali avant d’être examiné par la réunion ministérielle du Conseil de médiation et de sécurité tenue à Abuja le 9 novembre 2012. Les chefs d’Etat et de gouvernement ont réitéré leurs instructions à la Commission pour le maintien de la Force en attente «en état de préparation avancée, en prévision d’un déploiement imminent et ont exhorté les Etats membres à honorer leurs engagements relatifs à la fourniture de troupes et de logistique en appui aux efforts militaires de la CEDEAO».

Tout en reconnaissant le rôle de premier plan du Mali dans les efforts militaires et diplomatiques visant à restaurer l’ordre constitutionnel ainsi que l’unité et l’intégrité territoriale du pays, le sommet a souligné le rôle de leadership que doit jouer la CEDEAO dans le déploiement de la force internationale sous conduite africaine ainsi que dans le commandement de la Force et la mobilisation des ressources, en étroite collaboration avec l’Union africaine et les Nations unies. La conférence a pris note de la déclaration du président malien par intérim selon laquelle «la feuille de route de la transition serait disponible dans les prochains jours». Elle a exhorté le gouvernement du Mali à diligenter les actions à ce sujet et à en assurer la mise en œuvre scrupuleuse en vue d’assurer le rétablissement de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire, ainsi que la tenue d’élections libres, justes et transparentes durant la période de transition.

A cet égard, la conférence a réitéré sa décision selon laquelle ni le président par intérim ni le Premier ministre et les autres membres du gouvernement de transition ne pourront être candidats à la prochaine élection présidentielle. S’agissant de la Guinée-Bissau, les chefs d’Etat et de gouvernement ont condamné fermement la tentative de déstabilisation du 21 octobre 2012 et ont dénoncé tout recours à la violence ou à des moyens anticonstitutionnels pour exprimer des revendications politiques. Ils ont exhorté les autorités de transition à veiller au respect des principes de l’Etat de droit ainsi que des droits humains dans le cadre des investigations et éventuellement des poursuites liées à cette affaire. Le sommet a salué la signature du Protocole d’accord sur le programme de réforme du secteur de défense et de sécurité (PRSDS) et a instruit la Commission à prendre les mesures nécessaires à sa mise en œuvre rapide. Le sommet a aussi invité l’Union africaine et les autres partenaires à participer activement au processus et a exprimé ses félicitations aux éléments de l’ECOMIB ainsi qu’aux pays contributeurs de troupes pour les efforts consentis en Guinée-Bissau.

Dans son discours à l'ouverture du sommet, le président en exercice de la CEDEAO et président de la Côte d'Ivoire, M. Alassane Ouattara, a affirmé : «Tout en demeurant ouverts au dialogue et à la négociation avec certains des groupes qui contrôlent le nord du Mali, nous devons poursuivre la préparation de l’action militaire contre les groupes terroristes et criminels qui prennent en otage les populations qui y vivent». A présent, a-t-il poursuivi, «la priorité serait de mobiliser nos efforts en faveur de l’adoption, par le Conseil de sécurité des Nations unies, d’une résolution sous le chapitre VII autorisant le déploiement de la Force de stabilisation au Mali ». Dans son allocution, le président Goodluck Jonathan du Nigéria a déclaré que «ce qui se passe en Guinée-Bissau et au Mali depuis des mois va à l'encontre de notre vision collective d'une région pacifique, stable et économiquement prospère». «Les populations martyres de la Guinée-Bissau et du Mali comptent sur nous pour mettre fin à leurs cauchemars et leur permettre de retrouver la sécurité et la prospérité. Nous ne devons pas les décevoir», a-t-il ajouté.

Quant au président de la Commission de la CEDEAO, M. Kadré Désiré Ouédraogo, il a informé les dirigeants régionaux sur les progrès réalisés dans le cadre des initiatives régionales en collaboration avec des partenaires comme l'Union africaine, l'Union européenne, les Nations unies, entre autres, tout en soulignant que la crise malienne représente non seulement un défi grave pour le pays et la région, mais constitue également un grand risque pour la paix et la sécurité internationales. Il s’est félicité de la présence au sommet de représentants de l'Algérie, de la Mauritanie, du Tchad, de la Libye et du Maroc, ce qui constitue un témoignage d'amitié et de solidarité et confirme l’intérêt que ces pays portent à la sécurité régionale et internationale. Les représentants des Nations unies et de l'Union africaine ont prononcé des discours en réitérant l'engagement de leurs organisations respectives et leur soutien aux initiatives de la CEDEAO. Pour sa part, le Premier ministre tchadien, M. Emmanuel Nadingar, a salué les efforts régionaux et souligné la nécessité de privilégier les négociations, l'option militaire devant être, selon lui, le dernier recours pour une sortie de crise au Mali.

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