Ghana: La mauvaise réputation des migrants chinois

Les migrants chinois au Ghana sont de plus en plus impopulaires auprès de la population locale, démontre une recherche de Judith Zoetelief, étudiante néerlandaise nominée pour l'African Thesis Awards. Et ils ne savent pas qu'ils ont mauvaise réputation.

Le Ghana est connu comme étant relativement ouvert et accueillant à l'égard des migrants chinois, mais un nombre croissant de mauvaises histoires et de rumeurs a commencé à paraître dans les médias à partir du début des années 2000.

On se plaint par exemple d'hommes chinois devenant pères d'enfants africains, et d'entreprises chinoises qui auraient envoyé des ex-détenus en tant que travailleurs.

La majorité des migrants, cependant, n'est pas consciente de sa mauvaise réputation, et n'a pas rencontré d'attitude hostile de la part des Ghanéens. Cette ignorance est due à leur accès limité à l'information et à leur incapacité à lire les journaux en anglais, explique la chercheuse néerlandaise.

Selon Judith Zoetelief, la reprise des relations politiques et économiques entre la Chine et le Ghana s'est accompagnée d'une augmentation du nombre de migrants chinois au Ghana. A partir du milieu des années 1990, la vague la plus récente et visible de migrations chinoises au Ghana a commencé à prendre de l'ampleur.

"Hey Chinois !"

Lorsque la chercheuse Judith Zoetelief a observé le mécanicien chinois, Ke Hua, rentrer à pied chez lui un jour, un passant ghanéen sur sa bicyclette a crié : "Hey Chinois !" Certes, il n'avait pas l'air hostile, mais Ke Hua n'a tout simplement pas répondu. Lorsqu'on lui a posé la question plus tard, il a expliqué qu'il n'avait même pas entendu le cycliste. Sa compréhension de l'anglais était si limitée que cela le rendait insensible.

Et les histoires issues de la rencontre entre Ghanéens et ouvriers chinois circulent toujours. A Tamale, la capitale régionale de la région du Nord du Ghana, les habibitants croient par exemple que les ouvriers du bâtiment qu'ils ont vu dans la construction d'un stade sont des condamnés, parce que, selon certaines sources ghanéennes, les ouvriers chinois ont l'air "sale."

Le choc de la mauvaise réputation

Ce sujet a fait l'objet de controverse parmi ces ouvriers. Aucun des ingénieurs chinois interrogés au cours de la recherche ne semble avoir entendu parler de ces accusations et ils ont été choqués d'avoir à y faire face.

L'un des travailleurs a demandé : "Comment est-ce qu'un pays serait-il en mesure d'envoyer ses ressortissants qui sont des condamnés pour travailler dans un pays étranger ? C'est tout simplement impossible. C'est des conneries !" Et un autre a demandé : "Qui a dit que ces choses ? De quel pays sont ces gens, car il est évident qu'ils ne connaissent pas la Chine."

Cause de la sécheresse

Au cours des entretiens, il est aussi apparu que les ouvriers engagés dans la construction du stade ont été tenus pour responsable de la grave sécheresse de l'été 2006, selon un bénévole sino-canadien dans une école à Tamale : "On m'a dit que Tamale connaissait la pire sécheresse de la décennie. Les ouvriers chinois engagés dans la construction du stade de football ont été accusés d'être à l'origine de la sécheresse. Les rumeurs concernant la sorcellerie chinoise ont commencé à se répandre car il n'y avait pas eu de pluie depuis le démarrage de la construction du stade."

En dépit de ces histoires négatives, aucun des travailleurs chinois ne s'est senti indésirable ou traité avec hostilité par les citoyens de Tamale. Ils ont simplement dû ressentir un manque d'hospitalité. Les informateurs chinois ont la conviction que les Ghanéens résidents à Tamale connaissent mal la Chine, ce qui, selon la chercheuse Judith Zoetelief, serait vrai.

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