Congo-Kinshasa: Violents combats entre l'armée et le M23

Photo: Al Jazeera English
M23 troops Bunagana 5

Les combats ont repris, ce jeudi 15 novembre, entre la rébellion du Mouvement du 23-Mars (M23) et l'armée de la République démocratique du Congo (RDC) près de Goma, dans l'est du pays. Un premier bilan officiel, en début de soirée, faisait état de 51 morts dans les rangs du M23.

En visite en France, le Premier ministre congolais, Augustin Matata Ponyo Mapon, a demandé le soutien de la France face à cette rébellion du M23. Parallèlement, l'ONU a dénoncé des exactions arbitraires massives commises par des groupes armés, dans la province du Nord-Kivu.

C'est l'un des plus gros affrontements depuis le début de l'occupation d'une partie du Nord-Kivu par les mutins du M23. Les combats ont fait 51 morts et 3 blessés dans les rangs du mouvement rebelle, selon le gouvernement congolais, en début de soirée.

Chacun des deux camps se rejette la responsabilité d'avoir rompu la trêve qui durait depuis trois mois. Cette trêve informelle avait été obtenue par le président actuel de la conférence des Grands Lacs, le président ougandais Museveni, qui abrite chez lui, à Kampala, des négociations secrètes entre émissaires de Kinshasa et du M23.

Le gouvernement de Kinshasa parle d'une offensive du M23 à Kikumba, à la frontière rwandaise - pratiquement aux portes de Goma - à une vingtaine de kilomètres au nord-est. De son côté, le M23 affirme que ce sont les Forces armées de la RDC (FARDC) qui ont attaqué, en plusieurs endroits, dès 5h du matin.

Joint par RFI, le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole militaire du M23, affirme que l'armée a « utilisé des hélicoptères et des chars de combat » et que c'est le gouvernement congolais qui a enfreint la trêve.

Les autorités congolaises ont une version radicalement différente des faits. Pour le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, les Forces armées congolaises ont répondu à une agression dirigée par le voisin rwandais. Il affirme notamment que les soldats retrouvés morts sur le champ de bataille portaient des uniformes de l'armée rwandaise.

Le porte-parole du gouvernement congolais appelle la communauté internationale à prendre de vraies sanctions contre le Rwanda.

De son côté, le Premier ministre de la RDC, Augustin Matata Ponyo Mapon, en visite en France, a rencontré, ce jeudi 15 novembre, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Augustin Matata Ponyo a notamment défendu les progrès réalisés, selon lui, par son pays en matière de démocratie ; rassuré les opérateurs économiques et a également demandé un soutien clair de la France face précisément à la rébellion du M23.

Rapport de l'ONU : des groupes armés sèment la terreur dans le Masisi

Un rapport de l'ONU, résultant de six missions d'enquête sur le terrain et de multiples entretiens avec les victimes et les témoins, dénonce des exécutions sommaires, des déplacements de population et des pillages. « Au moins 264 civils, dont 83 enfants, ont été arbitrairement exécutés par des groupes armés entre avril et septembre de cette année » dans la province du Nord-Kivu et plus particulièrement dans le Masisi, dans l'est de la RDC, rapporte le communiqué du Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'homme.

Deux groupes armés - le groupe Raia Mutomboki et le Nyatura - ont été identifiés par le bureau des Nations unies comme étant les responsables de la plupart des meurtres. « Ils attaquent les victimes dans leur village. Pour beaucoup, elles ont été tuées à coup de machette ou brûlées vives dans leurs maisons et ce sont malheureusement les personnes les moins en mesure de fuir qui ont été tuées - des enfants et des personnes âgées », a précisé Cécile Bouiller, porte-parole de la haute commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, jointe par RFI.

L'ONU indique que le groupe d'opposition Nyatura a été reconnu « responsable d'autres violations des droits de l'homme, notamment de meurtres, parfois en collaboration avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) », et reconnaît également, dans ce rapport, la « dimension ethnique » de ces attaques. Les Hutus étaient tués par le groupe Raia Mutomboki, alors que les Tembo - une autre ethnie - étaient abattus par les Nyatura. Un mobile ethnique clairement établi, comme le souligne Cécile Bouiller.

Ces massacres résultent d'un vide sécuritaire laissé par l'avancée de la rébellion du M23 et par le fait que les forces armées congolaises aient été redéployées du Masisi vers le Rutshuru pour repousser les éléments du M23.

L'ONU demande aux forces de sécurité congolaises de revenir dans ces secteurs, délaissés au printemps dernier pour y rétablir la sécurité. Les Nations unies sont également prêtes à offrir leur aide pour une enquête judiciaire congolaise afin que les personnes responsables de ces exactions soient poursuivies et que la justice soit apportée aux victimes.

« Le fait de placer en justice les personnes qui sont responsables de ces exactions est absolument crucial pour mettre fin à cette impunité rampante », insiste la porte-parole de la haute commissaire aux droits de l'homme de l'ONU.

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