L'Express de Madagascar (Antananarivo)

16 Novembre 2012

Madagascar: Sortie de crise - Les pro-Ravalomanana accusent la transition

Dos au mur, le camp de l'ancien président met la pression sur la Transition, à l'entame de la dernière ligne droite avant les consultations populaires de 2013.

La tension monte à nouveau d'un cran. Les partisans de l'ancien président Marc Ravalomanana, en exil en Afrique du Sud, tirent à boulets rouges sur l'Exécutif dans la mise en oeuvre de la Feuille de route. Ils n'épargnent pas les quelques dirigeants des Forces armées.

« Ca suffit ! Nous n'accepterons plus si la situation actuelle continue !», a tonné Mamy Rakotoarivelo, président du Congrès et chef de délégation de la mouvance Ravalomanana, hier à Antaninarenina. « Il a été convenu de la mise en place d'une transition consensuelle et non pas unilatérale », a-t-il poursuivi.

L'état-major de l'entité dirigée par l'ancien président, presque au complet, monte au front pour dénoncer le rythme de la mise en oeuvre de la Feuille de route. Mamy Rakotoarivelo décoche une flèche contre Andry Rajoelina, président de la Transition, qu'il tient comme premier responsable du non-retour de son patron. Il ne mâche pas ses mots contre le Premier ministre Omer Beriziky, « qui n'a pas le courage politique » d'appliquer les dispositions de la Feuille de route, du moins pour ce qui est des mesures d'apaisement comme la libération des détenus politiques.

Les têtes pensantes de la mouvance Ravalomanana affirment leur intention de « prendre des mesures » en cas de persistance de la situation. Dans cette logique, Maître Hanitra Razafimanantsoa, vice-présidente du Conseil supérieur de la transition (CST), annonce l'intention de sa mouvance de porter plainte contre le général Richard Ravalomanana, commandant de la gendarmerie, et le Colonel René Lylison, commandant de la Force d'intervention spéciale (FIS) pour diffamation dans le dossier du vol de zébus dans le Sud. « Ne cherchez pas de boucs émissaires chaque fois que vous n'arrivez pas à gérer une situation », fulmine Mamy Rakotoarivelo.

Les dirigeants du Tanora Malagasy vonona (TGV), parti fondé par Andry Rajoelina, crient à la « provocation », selon Jean Rakotondrabe, membre du Congrès. « La mouvance Ravalomanana nous habitue à la stratégie de provocation permanente depuis un certain temps », rétorque-t-il.

Tinoka Robert Raharoarilala, vice-président de la chambre basse, explique l'attitude du camp de l'ancien président par une fuite en avant. « Le processus d'examen de la loi des finance 2013 est en bonne voie. C'est pourquoi la mouvance Ravalomanana tente de le saboter. Elle est à court d'idée dans son projet de faire revenir Marc Ravalomanana », affirme-t-il.

À court d'idée

Le camp de l'ancien président tente de mettre la pression sur le régime et sur la communauté internationale pour qu'ils prêtent attention à la situation. « On se demande ce qu'il compte encore faire, après avoir suspendu sa participation au processus », s'interroge Jean Rakotondrabe, avec une pointe d'ironie.

L'examen du projet de loi de finances 2013 devient le théâtre de cette bataille, après le coup de semonce donné par la mouvance Ravalomanana qui menace de boycotter le vote du texte en cas de refus de ses propositions d'amendements, comme il

l'avait fait lors de l'adoption du projet de loi d'amnistie. « Il n'appartient pas au régime de transition de construire des infrastructures. Il doit veiller à la tenue des élections, à créer un climat d'apaisement politique. Il faut également axer les efforts dans le volet social », précise Stanislas Rakotomandimby, vice-président du Congrès.

Se lançant dans la surenchère, Tinoka Roberto Raharoarilala met en garde que « le rejet de la loi de finances 2013 conduirait à une crise, car le pays ne pourrait pas tourner sans celle-ci ». L'annonce, à peine voilée, de l'éventualité de cette « crise » ouvrirait la voie au régime à faire passer le texte par voie d'ordonnance.

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