Fasozine (Ouagadougou)

15 Novembre 2012

Burkina Faso: Fespaco 2013 et 2015 - L'UE apporte son soutien

Ce mercredi 14 novembre 2012 a eu lieu la cérémonie de signature de convention de financement du Projet d'appui au Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco).

A l'occasion de la matérialisation de ce soutien d'un montant de 1,4 millions d'euros, soit 918 33ç 800 de francs CFA, au titre de l'organisation des éditions de 2013 et 2015 ainsi que du renforcement des capacités de la «vitrine du cinéma africain», Alain Holleville, ambassadeur, chef de la Délégation de l'Union européenne au Burkina Faso a rappelé qu'«en raison du démarrage prochain de la préparation de l'édition 2013, de la maturité du projet, et de l'importance historique de notre soutien au FESPACO, il a été décidé de concentrer le programme d'appui au secteur de la culture, dans le cadre du 10ème FED, sur l'accompagnement du FESPACO».

«La cérémonie de signature de la convention de financement pour le Projet d'Appui au FESPACO, dans le cadre de la mise en oeuvre de la stratégie de coopération entre le Burkina Faso et l'Union européenne (10ème Fonds européen de Développement - FED) qui nous réunit aujourd'hui, rappelle s'il en était besoin, l'importance et le dynamisme de la Coopération entre le Burkina Faso et l'Union Européenne.

Je voudrais d'abord, et à cette occasion, exprimer ma gratitude à Monsieur le Ministre de l'Economie et des Finances, en sa qualité d'Ordonnateur National du Fonds Européen de Développement, dont les services et les équipes -nos collègues au quotidien-ont toujours su entretenir des relations de collégialité et d'étroite collaboration avec la Délégation de l'Union européenne au Burkina Faso, dans le cadre de la mise en oeuvre de notre programme de coopération. Je me réjouis également du travail que nous conduisons et des relations que nous entretenons avec Monsieur le Ministre de la Culture et ses collaborateurs.

Comme vous le savez, au Burkina Faso, l'aide au développement de l'Union européenne n'a cessé de croître depuis 1959, date de l'installation de la première délégation européenne au Burkina Faso et depuis le 1er FED, pour atteindre une enveloppe de 660 millions d'euros pour le 10è FED; lequel représente, en ordre de grandeur, les 2/3 de l'implication financière de l'Union européenne pour la période considérée (2008-2013). Il s'agit d'une tendance forte et résolue. En outre, avec le Traité de Lisbonne, l'Union européenne s'est engagée dans une voie nouvelle, visant à inscrire davantage son action au service du développement, de la lutte contre la pauvreté, de la croissance et de la démocratie dans une dynamique politique, qui illustre et conforte la place de l'Union européenne sur la scène internationale.

Le Projet d'Appui au Festival Panafricain du Cinéma de Ouagadougou, qui nous réunit aujourd'hui, bénéficiera d'un montant de 1,4 Million d'Euros, soit 918 339 800 FCFA pour l'organisation des éditions 2013 et 2015 du festival, ainsi que pour le renforcement de capacité de ses acteurs, afin que le festival réponde pleinement aux attentes des participants et du public.

Certes, les négociations et la programmation du Programme Indicatif National du 10 ème FED n'avaient pas retenu la culture au nombre des secteurs à financer. Percevant toutefois la nécessité de préserver les acquis et le dynamisme du secteur, en mai 2009, le Gouvernement du Burkina Faso a souhaité qu'un volet culturel soit intégré au sein du PIN 10 ème FED, à l'occasion de la revue à mi-parcours: c'est ce qui nous offre la possibilité d'apporter l'appui qui fait l'objet de la présente rencontre.

En raison du démarrage prochain de la préparation de l'édition 2013, de la maturité du projet, et de l'importance historique de notre soutien au FESPACO, il a été décidé de concentrer le programme d'appui au secteur de la culture, dans le cadre du 10ème FED, sur l'accompagnement du FESPACO. Dans ce contexte, il nous est apparu important et prioritaire de sécuriser notre soutien traditionnel au FESPACO pour au moins les deux éditions à venir et de soutenir le renforcement des capacités de la structure, processus engagé depuis la réalisation de l'Audit relatif à l'organisation du FESPACO.

L'appui de l'Union européenne au FESPACO dans le cadre de ce projet vise à contribuer à la promotion du cinéma africain et à affirmer sa place sur le marché international, à travers l'amélioration de l'image et du rôle du FESPACO, ainsi que la consolidation de son rang de premier festival du cinéma africain.

Il s'agit plus spécifiquement d'accompagner le FESPACO dans la mise en oeuvre des réformes nécessaires, afin de professionnaliser davantage l'organisation du festival et de soutenir la préparation et la tenue des éditions 2013 et 2015. L'accent sera mis, dans le cadre de ce projet, sur le renforcement des capacités du FESPACO, l'amélioration de l'organisation de la biennale, l'impact du FESPACO sur le secteur cinématographique, mais aussi sur le développement socioéconomique, notamment la création d'emplois et l'intégration sociale pour les jeunes, qui devront constituer une priorité dans l'élaboration et la mise en oeuvre d'un plan stratégique.

Au fil des ans, le FESPACO a gagné en notoriété et en maturité. Cela dit, certaines difficultés rencontrées lors des dernières éditions ont montré qu'il y a encore des progrès à accomplir dans plusieurs domaines, pour lui permettre d'améliorer son organisation, de moderniser davantage sa vision et de mieux satisfaire l'ensemble des professionnels et des acteurs du monde du cinéma. Ces changements sont devenus indispensables dans le contexte actuel, marqué par la rareté des ressources et une concurrence de plus en plus vive, avec l'émergence de nouveaux festivals sur le continent africain.

C'est donc l'occasion pour moi à la fois de saluer la Délégation Générale du FESPACO, le Ministère de la Culture et du Tourisme, et l'ensemble des parties prenantes, notamment pour les efforts entrepris dans la mise en oeuvre des recommandations issues de l'audit organisationnel du FESPACO réalisé en 2010 qui servira de principale base pour les actions de renforcement des capacités dans le cadre de ce projet et de les encourager à aller plus loin encore dans ce sens.

S'agissant de la mise en oeuvre des recommandations de l'Audit, je ne peux que saluer l'effort entrepris par Monsieur le Ministre l'Economie et des Finances, et à travers lui tout le Gouvernement, pour la dotation partielle du financement de l'Etat au FESPACO en cette année 2012, ce qui contribuera à n'en pas douter, à une meilleure préparation de la biennale et constitue une composante indispensable à la tenue du festival et à notre propre contribution. Dans cette logique, nous avons aussi oeuvré à faire avancer l'instruction du projet pour permettre la mise à disposition de nos ressources dans les meilleurs délais, une fois que la contribution nationale aura été elle-même versée.

Dans un contexte international marqué par la montée et la multiplication des crises ainsi que par la rareté des ressources financières, il est sage et même indispensable de réfléchir dès à présent à la nécessité d'améliorer progressivement mais dès que possible, les ressources propres du FESPACO, en mettant l'accent sur les activités qui peuvent être développées, en l'amenant progressivement à une meilleure capacité d'autofinancement. Pour ce faire, il s'agira d'ouvrir plusieurs pistes : renforcer la dimension économique et commerciale du MICA (Marché international du cinéma et de la télévision africains), rechercher des parrainages privés, céder certaines activités au secteur privé et développer des services générateurs de revenus pendant et hors des festivals, etc. L'accompagnement du FESPACO pour l'élaboration et la mise en oeuvre de son plan stratégique s'inscrira dans cette dynamique.

Il nous tient également fort à coeur de soutenir le renforcement des capacités d'organisation et de gestion de l'équipe du FESPACO car, en dépit de quelques progrès accomplis et d'un commencement de mise en oeuvre des recommandations de l'Audit, les comptes des FESPACO 2007, 2009 et 2011 ne sont pas encore clôturés et certains moyens financiers restent encore à mobiliser.

Je ne peux donc par la même occasion qu'inviter la Délégation générale du FESPACO à faire preuve de toute la rigueur nécessaire, notamment dans le suivi des conventions qui nous lient pour le soutien aux différentes biennales, et d'instruire ses services financiers afin que la clôture des contrats passés soit assurée au plus tôt.

Dans ce contexte, je voudrais saluer le Gouvernement du Burkina Faso, dans sa quête quotidienne d'amélioration du bien-être de toute la population Burkinabè. En particulier, ce sont bien les efforts du pays dans la mise en oeuvre des programmes financés par le Fonds Européen de Développement qui ont conduit à des encouragements de la part de nos instances dirigeantes, concrétisés en particulier par l'augmentation significative de l'enveloppe financière du Programme Indicatif National du 10ème Fonds européen de Développement.

Je ne saurais donc que vous encourager à persévérer dans ce sens et, de mon côté, vous assurer de l'engagement de l'Union européenne à oeuvrer à vos côtés au développement du Burkina Faso, notamment à travers la mise en oeuvre de la Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable et au service de la paix et de la stabilité dans la région : la culture peut avoir toute sa place au coeur de cette approche.

Avant de conclure mon propos, je voudrais nous inviter à la réflexion en citant ici une formule du cinéaste René Clair : "Réclamons pour le cinéma le droit de n'être jugé que sur ses promesses". Pour qu'une telle formule, qui vaut pour la création artistique en général et pour le cinéma en particulier, porte, il convient toutefois que les moyens qui sont confiés à ces activités soient mis en place avec tout le sérieux et toute la rigueur nécessaires afin de permettre à l'activité créatrice de s'épanouir.»

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