Photo: William Lloyd-George/IPS Nouvellement promus au poste de haut représentant de l'Union africaine (UA) pour le Sahel, l'ancien président burundais Pierre Buyoya a été reçu en audience le jeudi 15 novembre 2012 au palais de Kosyam par le maître des lieux. Au menu des échanges avec Blaise Compaoré il y a eu, naturellement, la situation au Nord-Mali qui continue de faire la une de l'actualité d'ici et d'ailleurs.
L'hôte de la Présidence du Faso est venu particulièrement transmettre au chef de l'Etat burkinabè un message de la présidente de la Commission de l'UA, Kosazana Dlamini-Zuma. Une démarche de ladite Commission, selon lui, pour signifier que l'UA est derrière la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et son médiateur dans la crise malienne. L'Union, a soutenu Pierre Buyoya, fera tout pour appuyer les efforts qui sont faits pour aider le peuple du Mali à sortir de l'impasse.
Cela, a-t-il dit, passe par le dialogue, du reste déjà mené par le médiateur. Il est prévu que l'Union apporte son soutien aux efforts qui sont déployés pour accompagner les Maliens dans la reconquête de l'intégrité territoriale du Nord. La CEDEAO et le Burkina, a-t-il reconnu, s'y sont énormément investis. Avec Blaise Compaoré, l'émissaire de Zuma a aussi discuté de ce que pourraient entreprendre les autres pays d'Afrique non membres de la communauté pour soutenir les initiatives au niveau régional.
De l'avis de Pierre Buyoya, il est important que la structure, pour débuter les discussions, voie enfin le jour. Dernièrement à Abuja, a-t-il indiqué, le président intérimaire du Mali a annoncé que les assises nationales auraient lieu prochainement et qu'aussitôt après, le comité de négociation serait mis en place. Celui-ci est attendu avec impatience, vu que le médiateur ne peut pas avancer s'il n'y a pas au moins deux partis à la table de négociations.
Concernant la déclaration de certains groupes islamistes de laisser tomber la charia, l'ancien président du Burundi considère que cela est un pas dans la bonne direction. Toutefois, affirme l'envoyé de l'UA, c'est à la table de négociations qu'on verra si ces déclarations sont crédibles. Cela rencontre en tout cas la position de la Communauté internationale et de l'Union africaine en particulier.
Une position qui a été manifestée le mardi dernier dans le communiqué du Conseil de paix et de sécurité. Il faut donc négocier avec les groupes, les mouvements rebelles maliens qui acceptent le principe d'unité nationale, d'intégrité territoriale mais aussi la laïcité de l'Etat. C'est donc une déclaration qui va dans le bon sens mais il faut aller plus loin, et cela ne pourrait se vérifier que sur la table des négociations, a conclu le natif de Rutovu.

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