Sud Quotidien (Dakar)

Sénégal: Sédhiou - Une cinquantaine d'hommes attaquent Simbandi Balante - Les boutiques dévalisées, la terreur exhumée

Très peu de gens ont fermé l’œil dans la nuit du lundi 12 au mardi 13 novembre 2012, du fait de l'incursion d'une bande armée dans le village de Simbandi Balante, chef lieu de communauté rurale dans le département de Goudomp. Les visiteurs ont éventré les magasins de commerce sans toutefois brimer les populations civiles.

Alors toutes les attentions semblent braquées sur le pimpon entre dignitaires de la mouvance présidentielle et du Parti démocratique sénégalais (Pds) sur la question des biens mal acquis, des populations de la Casamance continuent de subir le dictat d'éléments armées supposés appartenir au Mouvement des Forces démocratiques de Casamance (Mfdc).

Même s'il faut concéder aux autorités que cette question ne «se règle pas sur la place publique», force est de constater que ces populations ont comme le sentiment d'être laissés à elles-mêmes.

Pendant que les Wade père et fils semblent s'attirer tous les projecteurs, des militaires sénégalais sont otages du Mfdc depuis bientôt un mois dans le maquis. Soit seulement quelques semaines après le massacre d'une dizaine de jeunes de Diagnon à la fleur de l'âge dont le seul tord est de travailler dans une scierie installée dans cette partie de la forêt casamançaise.

Malgré les milliers de morts aussi bien civiles et militaires que du côté des assaillants depuis trois décennies, le conflit dans la région méridionale du Sénégal semble encore loin de susciter un sentiment d'appropriation nationale pour pousser les autorités de la république à l'ériger effectivement au rang des priorités nationales comme elle le laissent croire par des mots.

Des attaques et braquages à main armée se multiplient et se ressemblent dans toutes les régions de la Casamance naturelle sur fond de spoliation des populations civiles pour lesquelles aussi bien l'Armée nationale que ces «indépendantistes» sont censés se battre.

Le hic c'est que mêmes les localités abritant des bases de l'Armée nationale ne sont pas épargnés par ces rebelles. L'une des dernière en date à eu lieu à Simdandi Balante, un village abritant un cantonnement militaire. La nuit dernière a été plus longue que par le passé dans ce chef lieu de communauté rurale, dans l'extrême Sud de la région de Sédhiou, du fait de l'irruption présence d'hommes en armes qui y ont commis des exactions, peu après une heure du matin.

Ils étaient près d'une cinquantaine de personnes selon plusieurs sources contactées sur place. Divisés en groupes, ils ont défoncé les portes et fenêtres des magasins de commerce qui seront délestés de leurs marchandises. Même s'ils n'ont pas fait usage de leurs armes à feu, les populations qui s'étaient à peine endormies ont replongé dans la terreur des violences nocturnes longtemps vécues dans cette zone du Balantacounda.

Une dizaine de jeunes ont été ensuite réquisitionnés pour servir de bêtes de somme en transportant le butin en direction de la frontière avec la Guinée Bissau. Les assaillants n'ont toutefois pas réussi à s'emparer du bétail, comme c'est très souvent le cas. Histoire aussi d'échapper aux poursuites des militaires qui se gardent de les attaquer à cause de ces civils.

Ce n'est qu'au petit matin que les jeunes otages ont été relâchés sains et saufs rapporte une source villageoise. Les militaires en poste à Simbandi Balante, appuyés par les unités terrestres de Samine ont ensuite ratissé les lieux. Reste vraiment à déterminer si les exactions qui ont été commises sont des éléments des Forces démocratiques de Casamance (Mfdc), comme beaucoup le laissent croire, ou tout simplement des malfaiteurs qui écument le secteur à la faveur de l'insécurité qui prévaut dans cette zone.

L'insécurité: l'une des principales causes de pauvreté en Casamance

Cette énième attaque de ce village a lieu moins d'un mois après celle de Baconding, village situé à environ 9 km de là et moins d'un km de Goudomp, chef lieu de département. Elle intervient le soir d'un jour de marché hebdomadaire qui voit converger plusieurs centaines voire milliers de villageois ressortissant des villages environnants vers la localité soit pour écouler leur produit ou acheter des marchandises. Et c'est la deuxième fois des hommes armées choisissent un «jour de marché» pour commettre leur forfaits. L'année passée aussi des éléments armées avaient fait irruption dans la localité un lundi soir (jour de marché hebdomadaire) pour dévaliser les mêmes commerces.

Aussi au début des années 1990, périodes, périodes où des éléments supposé appartenir au Mfdc tuaient des civils et mettait le feu sur leur biens à l'occasion de chaque attaque, cette localité avait aussi fait les frais. En 1991, des assaillants y avaient fait irruption éventrant également des commerces et incendiant 73 maisons et commerce et 75 greniers en période de récolte.

Le modus operandi des assaillants armées est de dévaliser des boutiques en emportant argent et marchandise, de voler du bétail et dans leur retraitent, ils réquisitionnent des bras valides pour transporter le butin jusqu'à la frontière avec la Guinée Bissau.

Désormais, en dehors des braquages récurrents, il ne se passe plus de semaine, voire de mois sans que des hommes armées ne fassent incursion nuitamment dans des localités pillant commerces, magasins et dépouillant des familles et de paisibles villageois de tous leur bien. D'importantes sommes d'argent sont emportées, du bétail et autres biens matériels volés. Ce qui fait de ces hommes armés, bref de l'insécurité, une véritables cause de pauvreté des populations de la Casamance en général, du Balantacounda sevré de toute source de revenu en particulier, en plus de l'Etat cahoteux de la nationale n°6.

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