World Bank (Washington, DC)

16 Novembre 2012

Afrique: L'aide au développement dans un monde en mutation

billet

L'Association internationale de développement (IDA), le guichet de la Banque mondiale destiné aux pays les plus pauvres, a été créée il y a plus de 50 ans pour répondre à un besoin urgent : veiller à ce que les populations les plus vulnérables du monde aient une chance réelle de jouir d'une vie décente. Beaucoup de choses se sont passées depuis.

Grâce à l'aide de l'IDA, des centaines de millions de gens ont brisé le cercle vicieux de la pauvreté extrême en profitant de la création d'emplois, d'un accès à l'eau potable, de la sécurité alimentaire, de la construction d'écoles et de routes, et de l'électrification. En fait, des chercheurs ont constaté l'an dernier pour la première fois que le nombre de personnes vivant dans la pauvreté absolue — avec moins de 1,25 dollar EU par jour — avait diminué dans toutes les régions du monde, passant de 1,9 milliard en 1990 à 1,3 milliard en 2008.

L'IDA s'est employée sans relâche à aider les pays pauvre dans leur lutte contre la pauvreté, souvent dans des conditions très difficiles. En Afrique, continent qui reçoit la moitié des crédits et des dons sans intérêt de l'IDA, cette dernière à contribué à la scolarisation de plus de 15 millions d'enfants au cours de la dernière décennie, à protéger les gens contre le paludisme en distribuant 33 millions de moustiquaires, et à fournir de l'eau potable à 6 millions de personnes.

Cependant, malgré ces avancées remarquables de la lutte contre la pauvreté, le nombre de personnes vivant avec moins de 1,25 dollar par jour reste toujours inacceptable.

Nous ne saurions non plus présumer que les gains acquis au plan du développement sont permanents. La fréquence croissante des phénomènes climatiques extrêmes et autres catastrophes naturelles — du séisme de 2010 en Haïti au tsunami gigantesque qui a frappé le Japon l'an dernier, en passant par la sécheresse qui sévit au Sahel et par l'ouragan Sandy — donne à conclure que personne n'est à l'abri d'une catastrophe. Les conflits, les crises financières, le chômage et la faim — qui transcendent souvent les frontières — viennent encore compliquer les choses.

Pourtant, en dépit de toutes ces épreuves, certains mettent toujours en doute le rôle de l'aide au développement et la pertinence des organismes multilatéraux qui ont pour mission d'éradiquer la pauvreté. En cette période tumultueuse, la communauté mondiale du développement se trouve à la croisée des chemins. La voie que nous choisirons aura de sérieuses conséquences sur le monde de demain.

Ce n'est donc pas le moment de se désengager, mais plutôt de redoubler d'efforts afin d'atteindre les Objectifs de développement pour le millénaire : offrir aux enfants et aux femmes enceintes de meilleures chances de survie, veiller à ce que les enfants puissent aller à l'école, promouvoir l'égalité des sexes, protéger l'environnement et, enfin, éradiquer la pauvreté.

Pour la Banque mondiale, les donateurs, les emprunteurs et la société civile, cela signifie qu'il faut faire des choix judicieux et utiliser le plus efficacement possible les ressources limitées disponibles en prenant bien en compte les besoins locaux. Cela signifie également qu'il faut garder à l'esprit que même les pays qui ont atteint un certain niveau de revenu risquent encore de compter des millions de personnes extrêmement pauvres qui ont toujours besoin d'aide.

Un des traits distinctifs de l'IDA est sa capacité d'adaptation à de nouveaux contextes. Nous avons appris que pour assurer une réduction durable de la pauvreté, il est essentiel de confier aux pays la maîtrise d'œuvre des actions entreprises, de combiner l'aide et les services d'experts de multiples secteurs et organisations, et surtout de faire preuve de flexibilité. La flexibilité de l'IDA lui permet de réagir rapidement, en particulier en situations de crise, dans des contextes difficiles et dans des environnements fragiles.

Le travail accompli l'an dernier dans la Corne de l'Afrique illustre bien l'aptitude de l'IDA à proposer prestement des solutions bien ciblées. Confrontés à une situation où 12 millions de personnes subissaient une des pires sécheresses des 60 dernières années, nous avons rapidement débloqué 250 millions de dollars par l'intermédiaire de notre Mécanisme de riposte aux crises. Cet argent a permis de mettre en œuvre en un temps record des projets portant sur la santé et la nutrition, l'énergie, l'agriculture et l'assainissement qui ont bénéficié à des millions de personnes en Éthiopie, au Kenya et à Djibouti.

La situation économique mondiale évolue constamment et nous devons donc nous tenir prêts à réagir à des changements encore plus rapides et profonds, compte tenu en particulier de la situation actuelle du financement du développement où plusieurs pays donateurs traditionnels sont eux-mêmes aux prises avec des difficultés budgétaires.

L'IDA poursuit sa transformation en profondeur afin de faire face aux nouveaux enjeux mondiaux et nationaux. Nous collaborons avec les donateurs et les emprunteurs à la recherche d'idées novatrices qui permettraient d'accroître la viabilité financière de l'IDA, de réduire sa fragilité et d'améliorer ses résultats. Notre défi consiste à maintenir l'engagement du monde dans nos efforts conjoints pour sortir de la pauvreté des millions de démunis et leur permettre d'améliorer leurs conditions de vie.

Il convient d'élargir la coalition des bailleurs potentiels et de créer de nouveaux partenariats avec les économies de marché émergentes du monde entier. Nous devons mobiliser les compétences et les connaissances de ces nouveaux partenaires pour permettre aux gens d'échapper à la pauvreté.

Les donateurs et les emprunteurs d'Afrique et de toutes les autres régions du monde se réuniront du 13 au 15 novembre à Abidjan, en Côte d'Ivoire, pour examiner les progrès réalisés par l'IDA dans les domaines de la parité des sexes, du changement climatique, de la gestion des situations de conflit ou de fragilité et de la gestion des crises au sein des collectivités en difficulté. Cette réunion nous fournira l'occasion de réfléchir avec nos partenaires de développement aux moyens d'intervenir d'une manière encore plus efficace et conséquente dans le contexte d'une architecture de l'aide plus complexe et en constante évolution.

Que nous faudra-t-il pour permettre à un nombre grandissant de personnes d'échapper à la pauvreté ? De la flexibilité, de la persistance, et un engagement ferme et constant de toutes les parties concernées.

Axel van Trotsenburg est le Vice President pour Financements Concessionnels de la Banque Mondiale

*Vice President pour Financements Concessionnels de la Banque Mondiale

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