La Prospérité (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Goma - Kagame défie l'ONU !

Photo: Ph. Jonathan Lorrilarl
Des soldats des Forces armées de la RDC revenant de leurs positions de Munigi (10 km de Goma) où ils affrontent le M23, dimanche 18 novembre 2012.

Kinshasa — Il est le même, lui, Kagame. Il s'entête. Il récidive. Il exécute un plan dont lui seul détient le secret. Ce n'est pas pour rien qu'au mini sommet organisé à l'Onu, il ne s'était pas empêché d'y claquer la porte, sous la barbe de Ban Ki-moon. Et, pour avoir la main mise sur les richesses du Congo-Kinshasa, il crée et recrute des rebelles. Il multiplie des stratégies.

Guerres, attaques diverses, incendies, Intox, désinformation et messages alarmants sont ainsi mis à contribution, pour atteindre ses intentions funestes. Hier, en effet, les troupes rwandaises auraient joué, comme à l'accoutumée, un rôle visible aux côtés des éléments rebelles autour de Goma, capitale du Nord-Kivu. Heureusement qu'après tout, les FARDC et la Monusco ont résisté jusqu'à ce que les rebelles aient été obligés à se replier vers Kibumba, loin de là où les combats se sont déroulés ce dimanche. Des noms de certains généraux rwandais auraient même été cités, pêle-mêle, pour démontrer que cette fois-ci, Kagame signe là, une guerre totalement ouverte contre la RD. Congo, en défiant la communauté internationale. Elle qui, en tout état de cause, régule les relations entre Etats est dorénavant devant ses responsabilités.

Le Conseil de Sécurité doit interpeller Kagame et lui tirer les oreilles sur les conséquences humanitaires résultant de toutes ses manoeuvres militaires sur le sol congolais. Le comité des sanctions qui se prononcera le 23 novembre prochain, doit aller jusqu'au bout, en sanctionnant le Rwanda, au-delà de tous les rebelles du M23 déjà sous les viseurs. Là aussi, dans l'entretemps, la Majorité et l'Opposition siégeant ou non au Parlement, doivent se serrer les coudes, pour sauver la nation congolaise. Après la panique, le calme est revenu à Goma Le M23 serait à la porte de Goma, après avoir déclenché une offensive militaire, depuis le jeudi 15 novembre dernier. En clair, pour maints observateurs, c'est Kigali qui vient d'entrer ouvertement en guerre contre Kinshasa.

En d'autres termes, Kagame et son pays sont, visiblement, décidés à ridiculiser, non seulement le Gouvernement de la RDC, mais également à défier et humilier la Communauté Internationale. Le Conseil de Sécurité qui a exprimé sa vive préoccupation, le samedi 17 novembre, après une réunion en mode d'urgence, ne doit plus tergiverser, au regard de la catastrophe humanitaire qui se profile à l'horizon.

Car, rien que pour le week-end dernier, l'on dénombre déjà plus de 7.000 réfugiés au Nord de la ville volcanique. Sans compter des blessés par balles qui sont soignés dans le camp de réfugiés de Kanyarucinya. Qu'arriverait-il si Goma venait à tomber aux mains des marionnettes du M23 ? Toute la question est là. Pour d'aucuns, ceci porterait un grave discrédit à la Communauté Internationale et au Conseil de Sécurité. D'autant plus que c'est à Goma où se trouve l'Etat-major opérationnel de la Monusco, l'une des plus importantes missions de maintien de la paix dans le monde, en termes de nombre de casques bleus, de coût et de durée. Aussi, le Conseil de Sécurité est-il placé devant ses responsabilités si, du moins, il veut que les peuples du monde continuent encore à croire en ses missions de paix. Qu'à cela ne tienne, un coup de chapeau est décerné à la Monusco pour son engagement, quand bien même des efforts lui sont, par ailleurs, exigés aux fins de la protection des civils, aux côtés des forces loyalistes.

A la classe politique congolaise, l'exemple du Mali devait, normalement, servir de leçon, en matière de cohésion nationale face à la balkanisation qui menace actuellement, la RD. Congo. La Majorité et l'Opposition siégeant ou non au Parlement, sont tenues de taire leurs divergences politiques et partisanes, pour oeuvrer ensemble au retour de l'idéal de la paix. D'où, l'on doit bannir de distiller de l'intox et des messages alarmants, pour sauver dorénavant la patrie en danger. C'est la panique à Goma, Chef-lieu de la province du Nord-Kivu. En cause, les bruits de bottes qui se font plus proches de la ville volcanique. A en croire les nouvelles en provenance de cette partie de la République en proie à l'insécurité itérative, la ligne de front entre les rebelles du M23 et l'armée loyaliste a été déplacée, depuis le jeudi 15 novembre dernier.

Des violents combats, en effet, ont opposé les forces en présence dans la zone de Kibumba, à une vingtaine de Kilomètres de Goma. Le verrou aurait cédé face à l'attaque des rebelles et les combats se sont déroulés ce dimanche, dans la matinée, à Munigi, localité situé à 3 Kilomètres de l'aéroport de Goma, soit près de 10 Kilomètres du Centre-ville. Aux dernières nouvelles, Goma, fortement militarisé suite à la présence renforcée de l'armée régulière, ressemblait, hier, à une ville morte. Les rues sont désertes, le transport en commun paralysé ; stations d'essence, boutiques et magasins fermés. Hier encore, rapportent nos sources, même les églises n'ont pu fonctionner normalement. Toutefois, outre les dispositifs militaires renforcés dans la ville, la population a observé également le mouvement des troupes régulières vers le nouveau front. Comme pour dire que, même si Kibumba tombe, c'est une bataille perdue pour les Fardc, mais pas la guerre.

Le Conseil de sécurité en réunion d'urgence Face à cette situation explosive à l'Est de la République, le Conseil de Sécurité de l'Onu a tenu, en urgence, une réunion, le samedi dernier à New York. Dans une déclaration faite à la presse, le Représentant de l'Inde, pays qui préside actuellement le Conseil, a condamné énergiquement la recrudescence des attaques perpétrées par le M23 et demandé la cessation de toute progression de ce mouvement, de même que la cessation de tout soutien extérieur, en hommes et équipements militaires dont bénéficient les hommes de Makenga Sulutani. Le Conseil a, par ailleurs, exprimé sa profonde préoccupation au regard de la grave détérioration de la situation humanitaire dans cette partie de la RD-Congo.

A l'occasion, le Conseil a réitéré son intention d'appliquer des sanctions supplémentaires ciblées contre le leadership du M23. Des appels téléphoniques de Ban Ki-moon Interpellé, le Secrétaire général de l'Onu, le Sud-coréen Ban Ki-moon a téléphoné, ce week-end, Paul Kagame dont le pays a été cité par le panel d'experts de l'Onu de soutenir le M23. Il a, également, eu un entretien téléphonique avec Raymond Tshibanda, Ministre RD-Congolais des Affaires Etrangères, toujours au sujet de nouveaux affrontements entre les troupes loyalistes et les rebelles du M23.

Ban Ki-moon aurait, avec ses interlocuteurs, envisagé des voies et moyens de trouver une issue à cette crise. Le Rwanda dans une guerre ouverte ! De l'analyse de ce qui se passe à l'heure qu'il est à Goma, nombreux sont des observateurs qui sont d'avis qu'à travers cette offensive du M23, c'est Kigali qui vient ainsi d'entrer en guerre ouverte contre Kinshasa. Aussi, le Conseil doit-il mettre fin à la langue de bois, l'heure étant grave. Car, à l'allure où vont les choses, on s'achemine inexorablement vers une catastrophe humanitaire. Tenez, rien que pour ce week-end, l'on dénombre déjà plus de 7.000 réfugiés au Nord de Goma. Sans compter des blessés par balles qui sont soignés dans le camp de réfugiés de Kanyarucinya. Et donc pour ces mêmes analystes, il est clair que Kigali qui nargue tout le monde, y compris l'Onu, ne cherche pas seulement à humilier le Gouvernement de Kinshasa mais également, la Communauté internationale.

Sinon, qui croirait encore en une mission de paix dans le monde si Goma, bastion de la Monusco, l'une des plus importantes missions de paix dans le monde, tombait entre les mains du M23 ? Il appartient, en tout cas au Conseil de Sécurité de prendre clairement position et de sanctionner Kigali qui défie là, toute la Communauté Internationale, en foulant aux pieds toutes les dispositions de la Charte de l'Onu ainsi que ses nombreuses et pertinentes résolutions.

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