Sud Quotidien (Dakar)

19 Novembre 2012

Sénégal: Mendicite des enfants à Dakar - Des chiffres qui parlent

Le phénomène de la mendicité des enfants dans la région de Dakar touche environ 7600 individus, révèle une étude sur les enfants mendiants dans la capitale.

Ces statistiques sont réparties comme suit: plus de 2200 enfants mendiants (soit 30%) sont dans le département de Dakar, 1900 (soit 25%) dans le département de Pikine, 1880 (soit 25%) dans le département de Rufisque et 1480 (soit 20%) recensés dan le département de Guédiawaye.

Dans l'ensemble ces enfants sont très jeunes. Leur moyenne d'âge se situe autour de 11 ans. Toutefois, lors de l'enquête, le plus jeune avait 2 ans et près de la moitié n'avait pas 10 ans. Les garçons représentent la quasi-totalité des enfants mendiants, les filles n'étant que très marginalement concernées.

La grande majorité, soit près de 90% des enfants mendiants, sont des talibés. Et, sont considérés comme tels, tout enfant qui déclarait avoir passé la nuit précédant l'enquête dans un établissement coranique et affirmait recevoir un enseignement religieux, renseigne le document.

Dans l'enquête, la quasi-totalité des enfants talibés (98%) rapportent que c'est leur maître coranique qui les envoie mendier, alors que selon 62% des non-talibés, la mendicité s'est imposée comme un moyen de pourvoir à leurs besoins ou à ceux de leur famille. Aussi, plus de 12% des enfants non-talibés associés à la mendicité escortent une personne en situation de handicap. Ces derniers peuvent donc être considérés comme «accompagnateurs de mendiants».

L'autre information c'est que seuls 3% des enfants mendiants déclarent être orphelins. Le taux d'enfants dont un seul des deux parents est vivant est plus important chez les non-talibés que chez les talibés. De même, près de 37% des enfants mendiants déclarent garder un contact permanent avec leur famille. Les enfants mendiants qui n'ont plus aucun contact avec leur famille, sont plus représentés dans le groupe des 2 à 8 ans.

Sous alimentés pour la plus part avec une alimentation quotidienne composée essentiellement de riz et de pain qui ne satisfont pas aux besoins de croissance et de développement adéquat, la grande majorité des enfants mendiants (91%) disent fréquenter l'école coranique. Ce chiffre est de 21% pour les enfants mendiants non-talibés dont 78% ne sont pas du tout scolarisés. Quant aux aspirations des enfants mendiants, seuls 4% d'entre eux veulent aller à l'école un jour. La moitié espère avoir un jour un emploi meilleur là où 25% veulent devenir marabout eux-mêmes, plus tard. Aux yeux de ce dernier groupe, être maître coranique et s'installer à son compte représente à la fois une ambition concrétisable, et le meilleur moyen d'améliorer ses conditions de vie.

Si, les enfants mendiants on un accès restreint à tout programme d'assistance, la proportion de ceux qui en bénéficient augmente avec l'âge, relève la source. La réponse nationale à cette mendicité des enfants trouve son fondement dans le cadre juridique. Non seulement la loi interdit cette pratique, mais le Code du travail fixe à 14-15 ans l'âge minimum d'admissibilité à l'emploi. Aussi, l'Etat a mis en place des organes intervenant dans la promotion et la protection des droits de l'enfant avec trois axes de recommandations à savoir la protection, la prévention et le renforcement de la capacité nationale.

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